Noël 2010

vendredi 24 et samedi 25 décembre 2010

Message de Noël
du Cardinal André Vingt-Trois

Chers amis,

En cette fête de Noël, à travers toute la terre, les chrétiens vont célébrer la naissance de Jésus. Comme d’habitude, on nous expliquera certainement que la fête de Noël n’est finalement plus chrétienne, et qu’elle appartient maintenant à toute la société.

Noël est-elle toujours une fête chrétienne ?
Puisque ces réjouissances s’organisent autour de la célébration de la naissance du Christ, nous pouvons nous demander comment cet évènement mystérieux et caché d’il y a deux mille ans a pu prendre une telle dimension, pourquoi une émotion sincère saisit tant d’hommes et de femmes, chrétiens convaincus ou non, quand revient le temps de Noël. Est-ce l’occasion qui nous est donnée à travers des jours moroses de pouvoir oublier quelques instants les soucis ? Est-ce la joie de se retrouver en famille ? Est-ce l’attendrissement devant un nouveau-né, dans une société où l’annonce d’une naissance n’est pas toujours une bénédiction ? Est-ce tout simplement un vieux rêve de paix et de concorde qui habite les cœurs, ou la nostalgie des noëls de notre enfance ?

Noël : Dieu a habité parmi les hommes !
Depuis les origines, Dieu a voulu faire des hommes ses amis dans une Alliance éternelle. Il nous a créés « à son image » (Gn 1, 27), Il nous appelle à être réellement ses enfants. Certes, cela nous semble inimaginable et irréaliste. Si Dieu est Dieu, son histoire ne devrait pas se confondre avec celle de l’homme, ou alors il ne serait plus Dieu et l’homme ne serait plus libre ! Mais, pourtant, en Jésus de Nazareth, c’est bien Dieu lui-même qui vient à nous. Il vient nous appeler à la sainteté et à la conversion. Il vient partager réellement et pleinement notre condition humaine.

Noël : La lumière d’une espérance nouvelle pour chacun
Si Dieu a percé le mur qui sépare la réalité divine de la réalité humaine, alors l’histoire des hommes change. Le dernier mot de l’histoire n’est plus laissé au cynisme, à la violence, à l’échec et à la solitude. Quels que soient les défauts de notre itinéraire, nos refus d’aimer et notre péché, l’espérance de la miséricorde et du pardon ouvre à l’intérieur de nos existences un chemin de vie et de renouveau. Oui, « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Voilà notre espérance et la source de notre joie, qui peut s’exprimer diversement à travers les fêtes de ces jours, par des rencontres et des échanges, par un moment passé devant une crèche ou dans une église, par une prière secrète au fond de notre cœur.

Joyeuse fête de Noël à vous et à tous ceux que vous aimez !

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

 

 

 

 

 

 

L’accès à la cathédrale est libre et gratuit. Pour assister aux offices, aucune réservation n’est nécessaire ni possible.
Il est simplement conseillé d’arriver 15 à 20 minutes à l’avance.
Participation in liturgical celebrations is open to the public and free of charge, it is not necessary and not possible to make a reservation. To attend services, please take any seat in the nave 15 to 20 minuts before services.

 

Vendredi 24 décembre 2010

- 16h30 : Première Messe de Noël
présidée par le Chanoine Denis DUPONT-FAUVILLE, Chapelain
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Ensemble de solistes

- 18h00 : Messe des familles
présidée par Monseigneur Patrick JACQUIN, Recteur-Archiprêtre de la cathédrale
retransmise en direct sur KTO, Télévision Catholique
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’enfants. Harpe : Anne Ricquebourg. Direction : Lionel SOW. B. Chilcot : Peace Mass (Kyrie, Sanctus, Agnus Dei) ; Guillot prends ton tambourin.
- À l’issue de la messe, vers 19h00 : Procession des enfants à la crèche pour y déposer l’Enfant-Jésus.

- 20h00 : Messe internationale
présidée par le père Gérard PELLETIER, Chapelain
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’adultes. Direction : Lionel SOW. W.-A. Mozart : Messe du Couronnement ; W. Matthias : Sir Christèmas.

- 21h45 : Projection du film Notre-Dame de paris, Cathédrale vivante

- 23h00 : Veillé de Noël
Chants de Noël par les Chœur d’enfants, Jeune Ensemble et Chœur d’adultes de la Maîtrise de la cathédrale. Harpe : Anne Ricquebourg. orgue de chœur : Yves CASTAGNET. Direction : Lionel SOW. B. Britten : A Ceremony of Carols ; Y. Castagnet : Venez Divin Messie ; Praetorius/Sandström : Es ist ein Ros entsprungen ; W. Mathias : A babe is born ; Y. Castagnet : Il est né le divin Enfant.

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Détail de la clôture Sud du choeur de la cathédrale.
XIVème siècle. © NDP


- 23h55 : Sonnerie du grand bourdon Emmanuel
- Minuit : Messe de Minuit
présidée par le Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’enfants, Jeune Ensemble, Chœur d’adultes. Direction : Lionel SOW. A. Dvorak : Messe en Ré (Kyrie, Sanctus) ; C. Franck : Messe en La (Agnus Dei) ; J. Rutter : I saw three ships.

 

Jean-Pierre LEGUAY, grand orgue. Yves CASTAGNET, orgue de chœur.

 

Samedi 25 décembre 2010

- 8h15 : Sonnerie du grand bourdon Emmanuel
- 8h30 : Messe de l’Aurore
présidée par le Père Baudoin ROGER, Chapelain

- 9h30 : Laudes solennelles de Noël

- 9h45 : Sonnerie du grand bourdon Emmanuel
- 10h00 : Messe grégorienne
présidée par le Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
retransmise en direct sur KTO, Télévision Catholique
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’adultes. Direction : Sylvain DIEUDONNÉ

- 11h15 : Sonnerie du grand bourdon Emmanuel
- 11h30 : Messe solennelle
présidée par le Père Pierre-Marie HOMBERT, Chapelain
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Chœur d’adultes. Direction : Lionel SOW. W.-A. Mozart : Messe du Couronnement ; W. Matthias : Sir Christèmas.

- 12h35 : Sonnerie du grand bourdon Emmanuel
- 12h45 : Messe

 

- 16h30 : Audition aux grandes orgues
par Jean-Pierre LEGUAY, organiste titulaire de la cathédrale
Noël sur les jeux d’anches et en duo de Louis-Claude DAQUIN (1694-1772) ;Noël Joseph est bien marié de Claude BALBASTRE (1727-1799) ; Choral Allen Gott in der Höh’ sei Ehr BWV 662, Johann Sebastian BACH (1685-1750) ; Marche et Toccata extraites des Trois Pièces d’Augustin BARIÉ (1883-1955) ; Minuetto et Toccata extraits des Dix Pièces d’Eugène GIGOUT (1844-1925) ; Improvisation par Jean-Pierre LEGUAY.

- 17h15 : Sonnerie du grand bourdon Emmanuel
- 17h45 : Vêpres solennelles de Noël
présidées par le Père Pierre TONDÉ, prêtre étudiant
retransmises en direct sur KTO, Télévision Catholique

- 18h15 : Sonnerie du grand bourdon Emmanuel
- 18h30 : Messe du soir de Noël
présidée par le Chanoine Patrice SICARD, Chapelain
Maîtrise Notre-Dame de Paris, Ensemble de solistes. Direction : Lionel SOW

 

Jean-Pierre LEGUAY, grand orgue. Yves CASTAGNET, orgue de chœur.

 

 

 

Le Temps de Noël à Notre-Dame de Paris

- La crèche, du premier dimanche de l’Avent (samedi 27 novembre 2010) à la fête de la Présentation de Jésus au Temple (mercredi 2 février 2011).
- Les nocturnes de la crèche, tous les samedis et dimanches jusqu’à 20h45.
- Le sapin sur le parvis, du premier dimanche de l’Avent (samedi 27 novembre 2010) à la fête de la Présentation de Jésus au Temple (mercredi 2 février 2011).
- Les "Paroles d’Avent", les dimanches 28 novembre, 5, 12 et 19 décembre 2010.
- Le concert exceptionnel : Oratorio de Noël de Johann-Sebastian BACH, le mardi 30 novembre 2010.
- Le concert de Noël, le lundi 20 décembre 2010.
- Les offices de Noël, les 24 et 25 décembre.
- Le CD "À la venue de Noël", réunissant les formations musicales de la cathédrale.
- Le concert de chant grégorien "Puer natus est", le 29 décembre 2010.

Mais aussi :
- Le concert "Polyphonies mariales de la Renaissance", le mardi 7 décembre 2010.
- La solennité de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 2010.
- La fête de Notre Dame de Guadalupe, le 11 décembre 2010.
- La messe de Saint Éloi, le 12 décembre 2010.
- Le récital au grand orgue par James-Davis CHRISTIE, le mardi 14 décembre 2010.
- L’hommage à Yves DEVERNAY, le samedi 29 janvier 2011.
- Le concert exceptionnel : Requiem de Fauré et Symphonie de Psaumes de Stravinsky, le mardi 1er février 2011.

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois
Messe de minuit - Noël 2010

Dans l’enfant de Bethléem, le Salut est donné aux hommes à travers le signe fragile d’un enfant nouveau né.

Une société qui refuse la vie de l’enfant non attendu ou qui cherche à fabriquer l’enfant selon son désir est-elle capable d’accueillir la joie de Noël ?
- Is 9, 1-6 ; Ps 95, 1-3.11-13 ; Tt 2, 11-14

 

Au cœur de la nuit du monde une lumière s’est levée. La prophétie d’Isaïe ne parlait pas seulement d’Israël, mais selon la mission universelle du Peuple élu, elle vaut pour l’humanité entière : « Une lumière a resplendi sur les habitants du pays de la mort » (Is 9, 1), et elle resplendit aujourd’hui pour nous en ces premières années du troisième millénaire. Saurons-nous en reconnaître et en déchiffrer le signe ?

Un « enfant nouveau-né »

Dieu donne un signe de son amour pour l’humanité. Il manifeste sa grâce pour le salut de tous les hommes. Devant les forces mauvaises qui frappent l’humanité et qui provoquent les drames de l’existence humaine, il est compréhensible que les hommes attendent un signe de puissance, d’une puissance exceptionnelle, qui seule pourrait nous convaincre de cette volonté de salut universel de Dieu. L’humanité attend un signe à la hauteur de ses craintes et de ses angoisses. Elle espère que Dieu, lui au moins, pourrait surmonter ses malheurs et les vaincre. C’est ainsi que tout un courant de la tradition juive attendait, -et attend encore-, un Messie puissant qui rétablirait Israël dans ses prérogatives de Peuple de Dieu. C’est ainsi que Hérode aura du mal à comprendre qu’un Messie puisse naître loin des lieux de puissance. C’est ainsi que les contemporains du Christ douteront que du village perdu de Nazareth en Galilée puisse sortir quelque chose de bon. C’est ainsi que les peuples, aujourd’hui encore, se laissent si facilement séduire par la magie des hommes providentiels ou des systèmes miraculeux qui pourraient leur assurer un avenir meilleur à moindres frais. Quelle est la réponse de Dieu à cette attente de l’intervention d’une puissance supérieure ?

« Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Lc 2, 12) L’ange annonce aux bergers, veilleurs de la nuit, « une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. » (Lc 2, 10-11). Ce Messie surprenant n’apparaît avec aucun des attributs de la puissance qu’on attendrait de lui, mais dans la fragilité d’un enfant nouveau-né. Et, pour ce nouveau-né, à la fragilité habituelle de la naissance s’ajoutent l’inconfort et les aléas d’une naissance au hasard d’un voyage. Qui d’autre que de pauvres bergers habitués à vivre près de leur troupeau à l’écart des villages aurait pu reconnaître le Messie dans les incertitudes de cette naissance aventureuse ?

Seul un acte de foi dans la puissance de Dieu qui agit à travers la faiblesse humaine et les incertitudes de l’avenir permet de reconnaître en cet enfant démuni le signe du Sauveur. Par l’Incarnation du Verbe Éternel de Dieu en cet enfant nouveau-né, méconnu et ignoré de ceux-là mêmes auxquels il apporte le salut, tout nouveau-né est devenu, de quelque manière, un signe de la victoire de la vie sur la mort. Nous comprenons ainsi que la joie de Noël qui traverse le peuple chrétien et, au-delà de lui, atteint tous les hommes, a donné à nos cultures chrétiennes un regard nouveau sur l’être humain venant en ce monde. A travers la faiblesse du nouveau-né de la crèche, nous avons appris à reconnaître le signe de la puissance agissante de Dieu et l’accomplissement de ses promesses dans et par l’humanité. De même, la venue au monde d’un petit d’homme devient un signe et une promesse de vie et d’avenir. Elle porte toujours, dans sa fragilité même, quelque chose de sacré. Elle suscite toujours un émerveillement.

Le nouveau-né « dangereux »

Mais que peut-il rester de cette joie et de cette espérance dans une société qui développe le fantasme de l’enfant objet du simple désir ou source de danger ? Là où nous est donné un signe de salut et d’espérance, elle risque de ne voir qu’un produit de notre ingénierie procréative ou un signe de malheur ! Comment pouvons-nous annoncer la bonne nouvelle de la Nativité dans un monde où une nouvelle vie est considérée comme une production manipulable au gré de nos attentes ou comme une catastrophe à éviter ? Comment entrer dans la joie de Noël si le petit enfant à naître devient celui qu’il faut éliminer par tous les moyens quand on ne l’a pas désiré ou quand il ne correspond pas à nos désirs ?

Pour tant d’hommes et de femmes, l’annonce d’une nouvelle naissance devrait être la reconnaissance du fruit de leur amour dans l’émerveillement et la joie commune de recevoir leur enfant comme un don inconnu et non comme le produit qu’ils fabriquent, aménagent ou rejettent. Quelle malédiction frappe notre société pour qu’elle en arrive à redouter cette joie ? Quelles mœurs avons-nous développées pour n’être d’abord sensibles qu’aux inconvénients et aux risques d’une telle promesse ? Quelle indifférence habite nos cœurs pour que la femme qui attend un enfant dans la détresse et l’anxiété ne trouve autour d’elle que le conseil pressant de s’en débarrasser ?

Il n’est pas étonnant que se perde peu à peu le sens de la Nativité et que sombre la joie de Noël si nous ne savons plus nous réjouir de la venue d’un enfant et si nous ne sommes plus disposés à courir l’aventure d’une nouvelle vie avec tout ce qu’elle comporte naturellement d’imprévisible à découvrir et à accueillir, et si nous ne sommes pas résolus à venir en aide à celles qui portent cette promesse. Nous sommes dans l’angoisse maladive devant l’avenir et ses incertitudes. Nous sommes saisis de panique devant les changements qui résulteront de cette naissance. Nous veillons sur nos carrières, notre environnement, notre équilibre financier et les conditions de notre bien-être. Nous ne sommes plus capables de risquer notre tranquillité dans une relation à construire avec un être nouveau qui n’est pas simplement le double ou le clone de notre propre personne ou le produit de la satisfaction de nos désirs. C’est une autre personne qui se propose à notre accueil, à notre découverte, à notre respect et à notre amour. Comment nous étonner que nous soyons aussi gênés devant la joie de la Nativité ?

Ouvrir notre vie à la vie

Pour que le signe du « nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12) devienne vraiment pour nous source de joie et d’espérance, il nous faut à nouveau ouvrir notre vie à la vie de tout être qui vient à nous avec toutes ses potentialités de talents et de qualités, mais aussi de faiblesses de fragilités et de défauts, et avec sa liberté à construire. Si le temps de Noël est un temps de générosité, ce n’est pas d’abord pour nous excuser de nos dépenses des fêtes en donnant quelques billets de banque à droite et à gauche. C’est un temps de générosité, parce que seule la générosité envers notre prochain peut ouvrir notre cœur pour accueillir de nouveaux convives à la table de notre prospérité. Sans ce retournement du cœur nous ne pouvons plus vraiment reconnaître la venue du Fils de Dieu en ce nouveau-né.

Écoutons la parole de l’ange qui annonce cette naissance : « Ne craignez pas, car je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple. » (Lc 2, 10) N’ayons pas peur d’ouvrir nos maisons et nos cœurs ! Ne nous laissons pas submerger par la crainte de l’avenir. N’ayons pas peur d’ouvrir notre vie à l’irruption de la vie ! Comme la vie de Marie et de Joseph va être bouleversée et transformée par la naissance de Jésus, chacune de nos vies est dérangée et transformée par ceux que Dieu nous donne à accueillir : les enfants à naître, mais aussi tous ceux qui attendent d’être reconnus comme nos semblables et nos frères. N’ayons pas peur d’être dérangés, de nous serrer un peu pour faire place à celui qui vient, de partager, donc de réduire nos moyens financiers, bref, de laisser l’amour déborder nos égoïsmes. Alors, nous pourrons vraiment rendre gloire à Dieu et construire la paix sur la terre. Amen !

† André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

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