Nouvelle parution discographique : "Improvisations au grand orgue par J.P. LEGUAY"

Organiste titulaire du grand orgue de Notre-Dame de Paris, Jean-Pierre LEGUAY nous gratifie d’une nouvelle parution discographique. Le label allemand IFO Classics vient d’éditer un album entièrement consacré à des improvisations du célèbre compositeur et organiste français. Nous est donc donnée une magnifique occasion d’explorer la palette sonore inouïe du grand orgue de Notre-Dame de Paris mais aussi d’appréhender le langage puissamment personnel et coloré de Jean-Pierre LEGUAY. On y admirera la maîtrise souveraine des grandes formes mais aussi la fulgurance d’improvisations réalisées en concerts où l’imagination sonore de l’organiste fait merveille : virtuosité, geste instrumental et modernité assumée coexistent pour le plus grand bonheur de l’auditeur. Un rendez-vous à ne pas manquer avec l’un des organistes les plus originaux de notre époque !

 

Annotations de l’artiste

Ce CD réunit des improvisations enregistrées à l’instigation de M. Wolfram Adolph, rédacteur en chef du journal allemand "organ - Journal für die Orgel" (éditions Schott), par moi au grand orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 2 février 2009 en soirée. Certaines d’entre elles ont vu le jour à ce moment-là tandis que d’autres, saisies à Notre-Dame également lors de concerts les 2 décembre et 13 août 2008, ont été restituées pour le CD grâce au "replay" de l’orgue. Le replay n’enregistre pas le son mais mémorise, au moment exact d’une interprétation, la totalité des mouvements des touches et changements de registrations. À la date choisie, l’orgue est ainsi en mesure de reproduire seul ce qu’il a stocké et dont le son peut alors être capté à l’abri des bruits parasites qui ont pu survenir pendant l’interprétation.

Les deux concerts auxquels j’ai emprunté furent donnés par le chœur grégorien de la cathédrale dirigé par Sylvain Dieudonné et moi-même. Quelques instruments se joignirent au chœur le 13 août. L’organisation et la couleurs générale de ces programmes ont, ici ou là, influencé ou simplement teinté mes interventions. Ainsi, le début de la plage 10 répond à un cantiga instrumental du XIIIème siècle, tandis que la fin annonce l’introït de la fête de l’Assomption, "Gaudeamus". La plage 11, quant à elle, se souvient très explicitement de l’hymne "Ave maris Stella".

Chacune à sa manière, les 13 improvisations de ce CD s’alimentent à plusieurs sources : expériences musicales et acoustiques vécues dans la cathédrale ; moments de recueillement ; expressions liturgiques ; investigations et dialogues avec les somptueuses ressources du grand orgue de la cathédrale. L’agencement des improvisations proposé ici souhaite rendre sensibles des contrastes, reliefs, respirations, éclats entraperçus, densités installées, jeux de proportions, chants de couleurs instrumentales, vocabulaires, atmosphères, bouillonnements... La première plage, avec la compacité de ses blocs d’accords qu’amplifie l’acoustique, travaille, en manière de dédicace, l’antienne solennelle de la Vierge, "Salve Regina". Les plages 2, 3, 12 et 13 ne doivent rien aux mélodies grégoriennes, les miniatures 4 à 9 avec leurs gestes courts aèrent le centre de l’ensemble. La densité de la dernière plage répond à la première, s’embrase, flamboie, s’ensoleille.

Aucun titre, ni aucun argument extra-musical n’accompagne les improvisations de ce CD. Pour mille et une raisons, cette musique est ce qu’elle est ; librement, s’il le souhaite, chaque auditeur en fait son propre miel. Souvenons-nous de ce qu’écrivait si justement le poète français Paul Valéry (1871-1945) dans "Commentaires de Charmes", et qui s’applique de même à la musique : "Mes vers ont le sens qu’on leur prête. Celui que je leur donne ne s’ajuste qu’à moi, et n’est opposable à personne". Et aussi "Si quelque peintre fait le portrait de Socrate, et qu’un passant y reconnaisse Platon, toutes ses explications, protestations et justifications d’auteur ne pourront rien changer à cette reconnaissance immédiate. la dispute amusera l’éternité".

Jean-Pierre LEGUAY
Organiste titulaire des grandes orgues
de la cathédrale Notre-Dame de Paris

 

CD ORG 7235.2 chez IFO classics, disponible en cliquant ici.

 

Jean-Pierre LEGUAY

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© NDP

Depuis 1985, Jean-Pierre Leguay est organiste titulaire du Grand Orgue de Notre-Dame de Paris avec Olivier Latry et Philippe Lefebvre.

Jean-Pierre LEGUAY a étudié notamment avec André MARCHAL, Gaston LITAIZE, puis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, avec Simone PLE-CAUSSADE (écriture), Rolande FALCINELLI (orgue) et Olivier MESSIAEN (composition).

1er Prix d’orgue et d’improvisation à l’unanimité et de composition au CNSM de Paris, 1er prix d’improvisation à l’orgue du Concours International de Lyon, 2e Prix d’improvisation au piano de ce même concours, Lauréat du Concours International d’Improvisation à l’orgue de Haarlem, Diplômé de l’Institut Grégorien de Paris, Grand Prix d’Orgue avec mention Très Bien de l’Union de la Fédération Française de Musique Sacrée ; 1er prix du Concours International de Composition de l’Académie d’été de Nice, Prix Spécial du Concours International de Composition de Erding (Allemagne). Il a été également lauréat de l’Institut de France (Académie des Beaux-Arts) : Prix de composition P. L. Weiller.

Après avoir occupé le poste d’organiste titulaire du Grand Orgue de l’Eglise Notre-Dame-des-Champs à PARIS de 1961 à 1984, il est nommé organiste titulaire des Grandes Orgues de la Cathédrale Notre-Dame de PARIS en 1985.

De 1968 à 1989, il enseigne l’orgue, l’improvisation et l’histoire de la musique au Conservatoire National de Région de Limoges. De 1989 à 2003, il a occupé le poste de professeur d’orgue et d’improvisation individuelle et collective au Conservatoire National de Région de Dijon.

Internationalement reconnu, Jean-Pierre LEGUAY poursuit une carrière d’organiste-concertiste, de compositeur et d’improvisateur -à l’orgue, au piano et en groupe- tant en France qu’à l’étranger (Europe, Etats-Unis, Canada, Asie). Il est fréquemment invité par les radios, académies, universités et conservatoires français et étrangers.

Jean-Pierre LEGUAY a écrit, à ce jour, plus de soixante œuvres pour diverses formations instrumentales et vocales. Il a bénéficié de nombreuses commandes du Ministère de la Culture, de Radio-France, du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, du Concours International de Chartres, de Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris, du Scottish Arts Council of Edinburg, du Festival de León (Espagne), de Festival de La Massana (Andorre)… Ses œuvres sont éditées principalement chez Billaudot, Combre, Jobert, H. Lemoine, Symétrie et Universal (Wien).

Il a enregistré plusieurs CD consacrés au répertoire du XVIIe au XXIe siècle (Bach, Brahms, Mozart, Liszt, Vierne, Franck,…) ainsi qu’à ses propres compositions et à des improvisations (Editions Euromuses, Festivo, Gallo, Hortus, Lade, 3D Classics, Triton…). De plus, il a largement participé, en tant qu’improvisateur, à la musique du film "Les Mystères des Cathédrales" réalisé par Jean-François Delassus, pour la chaîne de télévision ARTE et les éditions Montparnasse. Son dernier CD avec sa « Missa Deo Gratias » et ses « Sonates II et III » pour orgue a été récompensé en octobre 2008 par un « Choc » du magazine « Le Monde de la Musique ».

Pour consulter la discographie de Jean-Pierre LEGUAY à Notre-Dame de Paris, cliquez ici.

 

Le grand orgue de Notre-Dame de Paris

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© Boullay

Il y eut sans doute des orgues à Notre-Dame Paris dès sa construction au XIIème siècle mais Léonin , compositeur d’organa, fondateur de l’Ecole Notre-Dame et qualifié d’optimus organista, puis Pérotin le Grand (1160-1220), ne connurent sans doute que de petits instruments dans le chœur. Pour autant un « grand orgue » est sans doute construit à Notre-Dame au cours du XIIIème siècle. En 1330 les comptes de la cathédrale mentionnent le versement de cachets à un organiste. Quelques années plus tard apparaît le nom de Jean de Bruges, organiste et peut-être aussi facteur d’orgues. L’instrument est alors suspendu en « nid d’hirondelle » sous une fenêtre haute de la nef  : il s’agit d’un orgue encore modeste de 6 pieds en montre comprenant un seul clavier avec 4 à 6 tuyaux par note. En 1401 on décide de construire un nouvel orgue sur la tribune de pierre au-dessus du grand portail ouest. Depuis cette date, 50 organistes se sont succédés aux claviers du grand orgue suspendu sous la rosace du couchant.

L’un des premiers, en 1450, fut le célèbre auteur du Vrai mystère de la Passion, Arnoul Gréban. De siècle en siècle, le grand orgue s’agrandit et fait l’objet de multiples restaurations et reconstructions jusqu’à prendre, au XVIIIème siècle, les proportions qu’il a encore actuellement. A chaque époque l’orgue de Notre-Dame fait l’objet des soins les plus attentifs et se trouve doté de jeux nouveaux et d’améliorations techniques ; les facteurs d’orgues s’attachent toutefois à conserver le meilleur des strates antérieures et c’est pourquoi il existe encore aujourd’hui quelques tuyaux de l’époque médiévale.

Le grand orgue échappe à la tourmente de la révolution, grâce sans doute à l’interprétation de musiques patriotiques telles que celles composées en 1792 par l’organiste Balbastre, auteur de variations sur La Marseillaise et l’air ça ira. En 1868, après les travaux du facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll , initiés par l’architecte Viollet-Le-Duc. , il trouve sa plénitude symphonique avec 86 jeux, sur 5 claviers et pédalier.

Louis Vierne, organiste de 1900 à 1937, le modifie à deux reprises et Pierre Cochereau, organiste de 1955 à 1984, l’augmente et le modernise de 1963 à 1975. Puis en 1992, il fait l’objet d’une restauration complète qui permet de restituer les sonorités symphoniques de l’orgue de Cavaillé-Coll tout en préservant les strates antérieures (XVIIème et XVIIIème siècles) et en associant les apports indéniables du monde contemporain.

Témoin authentique de plusieurs siècles de la musique et de la facture d’orgues françaises, le grand orgue de Notre-Dame de Paris est l’un des rares instruments français qui permettent de servir avec sincérité et émotion de nombreux répertoires et de susciter la création à travers la composition musicale et l’improvisation.

On peut l’entendre au cours des offices dominicaux sous les doigts de l’un des trois organistes titulaires (Olivier LATRY, Philippe LEFEBVRE et Jean-Pierre LEGUAY) et le dimanche après-midi avant l’office des Vêpres (à l’exception des dimanches du temps de Carême) lors d’une audition donnée par des organistes invités, venus du monde entier pour jouer ce prestigieux instrument, ou par l’un des organistes titulaires les jours de grandes fêtes. Ces auditions ont accueilli des milliers d’organistes des cinq continents. En outre des récitals d’orgue sont organisés en soirée dans le cadre de la saison de concerts de l’Association Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris.

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© Godong

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