Cathédrale d’art et d’histoire

Rose Sud

Position dans la cathedrale +

Les trois rosaces de la cathédrale Notre-Dame de Paris constituent l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la Chrétienté.

La Rose Sud ou Rose du Midi fut offerte par le roi Saint Louis. Les maîtres d’œuvres l’ayant conçu sont Jean de Chelles, puis Pierre de Montreuil. Le premier maître d’œuvre de la Cathédrale, Jean de Chelles, fit poser la première pierre de la façade du transept sud en 1258. La Rose Sud, véritable pièce centrale trônant sur la façade du transept, fut édifiée en 1260 en écho à la [Rose du Nord, édifiée, quant à elle, vers 1250. Comme son pendant du nord, la Rose Sud, voit son diamètre atteindre 12,90 mètres, et, si l’on ajoute la claire-voie sur laquelle elle repose, la hauteur totale de vitrage est presque de 19 mètres.

Cette rosace est consacrée au Nouveau Testament.

Elle comporte quatre-vingt-quatre panneaux répartis sur quatre cercles. Le premier comporte douze médaillons, le second vingt-quatre. Un troisième cercle est constitué par douze quadrilobes, tandis que le quatrième cercle est ponctué de vingt-quatre médaillons trilobés. Nous retrouvons ainsi le nombre symbolique quatre, ainsi que ses multiples, douze et vingt-quatre.

Cette rose a subi bien des avaries au cours des siècles. Étayée depuis 1543 à la suite de tassements dans la maçonnerie, elle fut restaurée entre 1725 et 1727 par Guillaume Brice sous la direction de Boffrand. Toutefois, des travaux mal exécutés, ainsi que l’incendie de l’archevêché lors de la révolution de 1830 qui a gravement altéré la rosace, eurent pour conséquence le besoin d’une nouvelle reconstruction. Celle-ci fut alors entreprise en 1861 par Viollet-le-Duc. Devant l’affaissement prononcé de la maçonnerie, il reprit entièrement la façade du croisillon Sud et fit pivoter la rosace de 15° pour lui donner un axe vertical et un axe horizontal, consolidant ainsi cette dentelle de pierre. Le maître verrier Alfred Gérente restaura les vitraux du XIIIe siècle et reconstitua les médaillons manquant dans l’esprit de l’authenticité de l’ensemble.

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Saint Laurent reconnaissable au gril, instrument de son supplice
©Daniel Dumolard

Mais les interventions successives sur la rosace ont totalement bouleversé les panneaux. Aujourd’hui encore, on ne saurait retrouver le dessein original voulu par le concepteur. Ainsi, les douze Apôtres, constituant originalement le premier cercle, sont désormais dispersés dans les deux cercles, se mélangeant à d’autres personnages. On reconnaît aussi dans l’ensemble des cercles des Saints et Martyrs traditionnellement honorés en France, ainsi que des vierges sages :

  • Laurent, diacre avec le gril de son martyre ;
  • Denis, premier évêque de Paris portant sa tête ;
  • Pothin, évêque de Lyon ;
  • Marguerite et un dragon ;
  • Blandine et deux lions ;
  • Georges ;
  • Ambroise ;
  • Eustache…

On peut apercevoir une vingtaine d’anges (dans le quatrième cercle) portant un cierge, deux couronnes ou un encensoir, des scènes du Nouveau et de l’Ancien Testament (dans les troisièmes et quatrième cercles) : la fuite en Egypte, la guérison d’un paralytique, le Jugement de Salomon, l’Annonciation... On y retrouve dans le troisième cercle (une dans le quatrième), une suite de neuf scènes de la vie de Saint Matthieu, de facture précieuse et bien conservée. Leur origine est inconnue, mais les experts s’accordent pour les dater du dernier quart du XIIe siècle.

Aux extrémités, les deux écoinçons présentent :

  • la descente aux Enfers à l’est, entourée de Moïse et Aaron (en haut) et de la tentation d’Adam et Eve (en bas) ;
  • la résurrection du Christ à l’ouest avec saint Pierre et saint Paul (en bas), sainte Madeleine et saint Jean (en haut).

Le médaillon central contenait probablement à l’origine un Dieu en majesté. En 1726, ayant disparu, conséquence de l’état de délabrement depuis près de deux siècles de la rose, on décida de le remplacer par les armoiries du cardinal de Noailles, archevêque de Paris de l’époque, qui avait dépensé 80.000 livres pour la restauration de la rose. Viollet-le-Duc, par le travail de Gérente, choisit d’y placer la représentation du Christ de l’Apocalypse : l’épée sortant de la bouche du Sauveur est le symbole que sa parole sépare l’erreur de la vérité. Des étoiles brillent sur les plaies de ses mains, tandis que les lampes du temple sont allumées autour de lui.

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La claire-voie de la Rose Sud
© Gérard Boullay

Sous la rosace, la cour céleste est parfaite par les seize prophètes représentés dans les grands vitraux de la claire-voie, peinte au XIXe siècle par Alfred Gérente sous la direction de Viollet-le-Duc. Conformément à la Cathédrale de Chartres dont ce dernier s’est inspiré, au centre, les quatre grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel) portent sur leurs épaules les quatre évangélistes (Matthieu, Marc, Luc et Jean). C’est la méditation même de Bertrand, évêque de Chartres au XIIIe siècle, sur le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament : Nous sommes comme des nains montés sur les épaules de géants, si bien que nous percevons bien plus de choses qu’eux, non que notre vision soit plus perçante ou notre taille plus haute, mais parce que nous sommes transportés et élevés plus haut grâce à leur taille gigantesque.

La Rose du Midi symbolise donc le Christ triomphant siégeant au Ciel, entouré de tous ceux qui ont été ses témoins sur la terre.

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