Les vitraux du cloître

Au cours de la grande campagne de restauration de la cathédrale entreprise par Lassus et Viollet-le-Duc, la sacristie fut reconstruite entièrement (les précédents locaux, élevés par Soufflot en 1758, avaient été énormément endommagés suites aux émeutes du 29 juillet 1830 et surtout du 14 février 1831 où le palais archiépiscopal et la sacristie furent pillés et détruits) entre 1845 et 1850 dans un style néo-gothique sur le flanc sud du chœur.

Les bâtiments sont disposés autour d’un petit cloître carré dont deux bras donnent accès à la cathédrale. Les arcatures de ce cloître sont garnies de dix-huit verrières qui furent exécutés par Gérente d’après les cartons de Steinheil.

Ces verrières représentent la Légende de Sainte Geneviève , sainte patronne de la Ville de Paris. Sous chaque vitrail, une inscription latine narre la scène.

Au médaillon de la principale baie du cloître, Gérente réalisa,  toujours sur les dessins de Steinhel, un vitrail reprenant la scène du Couronnement de la Vierge.

Seules les six dernières scènes de la vie de Sainte Geneviève sont accessibles aux visiteurs dans le couloir du Trésor.

Ci-dessous, les dix-huit scènes, leur commentaire est inspiré de celui qu’en fit Marcel Aubert (Notre-Dame de Paris, Notice historique et archéologique. Chez Longuet, 1909).

 

_MG_2409R

 

 

1. Sainte Geneviève vient de naître, à Nanterre près de Paris. Nous sommes en 423. Elle est couchée près de sa mère, gallo-romaine, et de son père, franc. A leurs côtés, apparaît Saint Germain d’Auxerre et les anges qui chantent les louanges de la Sainte.

1. Sainte Geneviève vient de naître, à Nanterre près de Paris. Nous sommes en 423. Elle est couchée près de sa mère, gallo-romaine, et de son père, franc. A leurs côtés, apparaît saint Germain d’Auxerre et les anges qui chantent les louanges de la Sainte.

 

2. Quelques années plus tard, en 429, les évêques Saint Germain d’Auxerre et Saint Loup de Troyes, allant en Angleterre pour combattre l’hérésie, se reposent à Nanterre. Au milieu de la foule, Saint Germain distingue Geneviève, la bénit, lui annonce la glorieuse mission à laquelle Dieu l’appelle et lui remet une médaille miraculeuse marquée du Signe de la Croix.

2. Quelques années plus tard, en 429, les évêques saint Germain d’Auxerre et saint Loup de Troyes, allant en Angleterre pour combattre l’hérésie, se reposent à Nanterre. Au milieu de la foule, saint Germain distingue Geneviève, la bénit, lui annonce la glorieuse mission à laquelle Dieu l’appelle et lui remet une médaille miraculeuse marquée du Signe de la Croix.

 

3. Un jour de fête solennelle, Sainte Geneviève désire suivre sa mère à l’église ; cette dernière voulant l’en empêcher, la bat, emportée par sa colère. Dieu l’en punit aussitôt en la rendant aveugle, et ce n’est que dix-huit mois plus tard, sur les prières de sa fille, qu’elle retrouvera la vue.

3. Un jour de fête solennelle, sainte Geneviève désire suivre sa mère à l’église ; cette dernière voulant l’en empêcher, la bat, emportée par sa colère. Dieu l’en punit aussitôt en la rendant aveugle, et ce n’est que dix-huit mois plus tard, sur les prières de sa fille, qu’elle retrouvera la vue.

 

4. Après la mort de ses parents, Sainte Geneviève vient habiter à Paris, chez sa marraine. Elle y tombe gravement malade, et pendant trois jours demeure comme morte. Lorsqu’elle se rétabli, elle raconte qu’un ange l’avait transportée au Paradis et qu’elle y avait contemplé les délices et les joies que Dieu réserve à ses élus.

4. Après la mort de ses parents, sainte Geneviève vient habiter à Paris, chez sa marraine. Elle y tombe gravement malade, et pendant trois jours demeure comme morte. Lorsqu’elle se rétabli, elle raconte qu’un ange l’avait transportée au Paradis et qu’elle y avait contemplé les délices et les joies que Dieu réserve à ses élus.

5. Mais les parisiens, au lieu d’honorer la Sainte pour ses mérites, murmurent contre elle, et lorsque, à l’annonce de l’arrivée des Huns et de leur chef Attila en 451, elle les exhorte à la résistance, ils décident de s’en débarrasser. Ils délibèrent déjà entre eux s’ils la lapidèrent ou s’ils la traînent à la Seine, lorsqu’arrive d’Auxerre l’archidiacre qui leur dit : « Gardez-vous bien de commettre une si horrible action ; celle que vous voulez punir comme une criminelle a été élue de Dieu dès le sein de sa mère, comme nous l’avons souvent ouï dire à Germain notre bienheureux évêque, et voici des présents sacrés et bénis que je lui apporte de sa part. » A ces mots tous renoncent à leurs mauvais desseins, et ils écoutent Sainte Geneviève (6) qui les supplie de ne pas abandonner la ville.

5. Mais les parisiens, au lieu d’honorer la Sainte pour ses mérites, murmurent contre elle, et lorsque, à l’annonce de l’arrivée des Huns et de leur chef Attila en 451, elle les exhorte à la résistance, ils décident de s’en débarrasser. Ils délibèrent déjà entre eux s’ils la lapidèrent ou s’ils la traînent à la Seine, lorsqu’arrive d’Auxerre l’archidiacre qui leur dit : « Gardez-vous bien de commettre une si horrible action ; celle que vous voulez punir comme une criminelle a été élue de Dieu dès le sein de sa mère, comme nous l’avons souvent ouï dire à Germain notre bienheureux évêque, et voici des présents sacrés et bénis que je lui apporte de sa part. » A ces mots tous renoncent à leurs mauvais desseins, et ils écoutent sainte Geneviève (6) qui les supplie de ne pas abandonner la ville.

 

6. Suite aux paroles de l’Archidiacre d’Auxerre (5), les parisiens renoncent à leurs mauvais desseins, et ils écoutent Sainte Geneviève qui les supplie de ne pas abandonner la ville.

6. Suite aux paroles de l’Archidiacre d’Auxerre (5), les parisiens renoncent à leurs mauvais desseins, et ils écoutent sainte Geneviève qui les supplie de ne pas abandonner la ville.

 

7. Cependant la Sainte et ses compagnes obtiennent du ciel, par leurs prières, leurs jeûnes et leurs veilles, l’éloignement des barbares.

7. Cependant la Sainte et ses compagnes obtiennent du ciel, par leurs prières, leurs jeûnes et leurs veilles, l’éloignement des barbares.

 

8. Comme Sainte Geneviève allait prier la nuit, tenant à la main un cierge allumé, le diable éteignit le flambeau, mais un ange le ralluma aussitôt.

8. Comme sainte Geneviève allait prier la nuit, tenant à la main un cierge allumé, le diable éteignit le flambeau, mais un ange le ralluma aussitôt.

 

9. Le roi Childéric tenait Sainte Geneviève en singulière estime et ne savait rien lui refuser, aussi craignant un jour qu’elle ne lui enlevât des prisonniers qu’il voulait faire mourir, il sort de Paris avec eux et fait fermer les portes derrière lui, mais en ayant connaissance elle se précipite à sa suite. Les portes s’ouvrent miraculeusement devant elle, et elle ramène bientôt les malheureux (10), à qui le roi a accordé la vie.

9. Le roi Childéric tenait sainte Geneviève en singulière estime et ne savait rien lui refuser, aussi craignant un jour qu’elle ne lui enlevât des prisonniers qu’il voulait faire mourir, il sort de Paris avec eux et fait fermer les portes derrière lui, mais en ayant connaissance elle se précipite à sa suite. Les portes s’ouvrent miraculeusement devant elle, et elle ramène bientôt les malheureux (10), à qui le roi a accordé la vie.

 

10. Sainte Geneviève ramène les condamnés (9) devant le roi qui leur accorde la vie.

10. Sainte Geneviève ramène les condamnés (9) devant le roi qui leur accorde la vie.

 

11. Près de trente ans après l’éloignement d’Attila et des Huns, Clovis, encore idolâtre, assiège Paris. Durant ce terrible siège, plusieurs quartiers sont la proie des flammes et la famine sévit cruellement. Sainte Geneviève part chercher des vivres à Arcis-sur-Aube pour sauver ses compatriotes.

11. Près de trente ans après l’éloignement d’Attila et des Huns, Clovis, encore idolâtre, assiège Paris. Durant ce terrible siège, plusieurs quartiers sont la proie des flammes et la famine sévit cruellement. Sainte Geneviève part chercher des vivres à Arcis-sur-Aube pour sauver ses compatriotes.

 

12. Sur la route (11), arrivée en un certain endroit de la rivière où un arbre rend la navigation très périlleuse, elle ordonne aux bateliers de s’arrêter et elle commande à l’arbre de s’abattre ; deux monstres hideux s’en échappent en répandant dans l’air une odeur nauséabonde ; et depuis ce temps il n’y eut plus jamais de naufrage à cet endroit.

12. Sur la route (11), arrivée en un certain endroit de la rivière où un arbre rend la navigation très périlleuse, elle ordonne aux bateliers de s’arrêter et elle commande à l’arbre de s’abattre ; deux monstres hideux s’en échappent en répandant dans l’air une odeur nauséabonde ; et depuis ce temps il n’y eut plus jamais de naufrage à cet endroit.

 

13. Peu après la Sainte rapporte des provisions à la ville affamée et distribue du pain aux pauvres.

13. Peu après la Sainte rapporte des provisions à la ville affamée et distribue du pain aux pauvres.

 

14. De nombreux miracles se produisent encore par l’intermédiaire de Sainte Geneviève. Elle rend la vue à un homme et à une jeune fille.

14. De nombreux miracles se produisent encore par l’intermédiaire de sainte Geneviève. Elle rend la vue à un homme et à une jeune fille.

 

15. Autre miracle, comme les ouvriers élèvent sous la direction de la Sainte une chapelle à Saint Denis, la boisson vient à manquer ; Geneviève se met en prière, et les vases sont remplis.

15. Autre miracle, comme les ouvriers élèvent sous la direction de la Sainte une chapelle à Saint Denis, la boisson vient à manquer ; Geneviève se met en prière, et les vases sont remplis.

 

16. C’est encore la pluie qui tombe pendant la moisson et menace de détruire la récolte ; la Sainte se prosterne à terre et obtient du ciel que le fléau s’éloigne.

16. C’est encore la pluie qui tombe pendant la moisson et menace de détruire la récolte ; la Sainte se prosterne à terre et obtient du ciel que le fléau s’éloigne.

 

17. Vers 512, Sainte Geneviève, alors âgée de plus de quatre-vingts ans, s’éteint au milieu de ceux qu’elle avait toujours protégés ; on place sur son tombeau une lampe dont l’huile brûle sans cesse, sans qu’il soit besoin de la renouveler.

17. Vers 512, sainte Geneviève, alors âgée de plus de quatre-vingts ans, s’éteint au milieu de ceux qu’elle avait toujours protégés ; on place sur son tombeau une lampe dont l’huile brûle sans cesse, sans qu’il soit besoin de la renouveler.

 

18. Après sa mort, elle reste la sainte patronne de Paris ; maintes fois sa châsse est portée en procession pour éloigner de la ville un fléau ou attirer sur ces habitants les bénédictions du ciel. Son tombeau est un lieu de pèlerinage très fréquenté : les malades, les aveugles et les possédés du feu, « les ardents », s’y pressent pour obtenir par son intercession la guérison de leurs maux.

18. Après sa mort, elle reste la sainte patronne de Paris ; maintes fois sa châsse est portée en procession pour éloigner de la ville un fléau ou attirer sur ces habitants les bénédictions du ciel. Son tombeau est un lieu de pèlerinage très fréquenté : les malades, les aveugles et les possédés du feu, « les ardents », s’y pressent pour obtenir par son intercession la guérison de leurs maux.

 

NDP 2007 02 21-145

 

allumer une bougie à notre-dame