Homélie du vendredi 27 octobre 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

Une nouvelle fois, le Christ nous invite au discernement : « vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? » Où trouver ce qui est juste dans un monde qui a perdu ses points de repère ? Le relativisme masque la vérité et nous risquons de nous laisser endormir : tout le monde il est beau, tout le monde il est sauvé ! Ce passage de l’épitre aux Romains peut nous aider à nommer ce qui ne va pas pour emprunter un chemin de conversion.

Saint Augustin, avant sa conversion, avait mal interprété ce texte. Il pensait que saint Paul disait qu’il y avait une seconde nature en nous, celle du péché et qu’on n’était pas responsable de nos faits et gestes : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas ». Mais saint Paul n’excuse pas son péché ! Ce texte est bien plutôt une confession ; le verbe important est vouloir. L’apôtre met le doigt sur notre fragilité. En effet il y a comme une division du vouloir. Je veux lever les bras et j’y arrive quasi automatiquement ; mais je veux dire du bien de mon prochain qui m’agace, et là, je n’y arrive pas ! que se passe-t-il ? Est-ce que nous aurions deux volontés comme le Christ ? Non ! Mais notre volonté est blessée. Je veux, mais je ne veux pas vraiment.

Voilà ce qui nous fait tomber ; il nous faut donc demander au Christ de guérir notre volonté. C’est important pour nos progrès spirituels. Vouloir vraiment, c’est prendre une décision ; non une bonne résolution, mais une décision.

« Malheureux homme que je suis ! Qui donc me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort ? » Uniquement la grâce !

Comment travailler sa volonté et la fortifier ?

Tout d’abord en vivant un peu plus de l’Esprit de force que nous avons reçu à la confirmation.

Ensuite, il ne faut pas fragiliser notre volonté ; nous connaissons la chaîne du péché. Le péché appelle un autre péché et c’est ainsi que nous en devenons esclaves ! Car le péché est agréable ! Mais la liberté retrouvée est nettement plus agréable.

Lorsque vous sortez vainqueur de votre combat spirituel, il faut en faire mémoire ! Il est possible de vivre sans le péché. Chaque victoire renforce notre volonté et la paresse spirituelle disparaît.

« Que j‘ai pour consolation ton amour

Selon tes promesses à ton serviteur ! »

Cette consolation du Seigneur, c’est de découvrir que sa loi fait mon plaisir.

Une volonté guérie me permet alors non seulement de discerner ce qui est juste, mais de pouvoir l’accomplir.

Oui, « Grâce soit rendue à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur », car il vient de libérer ma liberté blessée pour être de nouveau orienté vers ce pour quoi j’ai été créé, à savoir le bonheur, le vrai bonheur d’être avec notre Dieu d’amour

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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