Homélie du vendredi 27 janvier
publié le 30/01/2017 dans Non classé

le vendredi 27 janvier 2017 à 18h15

La liturgie de la Parole de ce quatrième dimanche du temps ordinaire nous invite à redécouvrir l’humilité, sans doute la plus grande des vertus chrétiennes. Dans un monde de compétition où l’on n’hésite pas à écraser le plus faible, voilà que le Seigneur nous exhorte à rester petit.

Dans un monde de rendement, le Christ nous propose de suivre le chemin de la grâce.

Le prophète Sophonie nous rappelle que pour chercher le Seigneur, il nous faut cette vertu de l’humilité, car l’orgueilleux se suffit à lui-même ; il n’a pas besoin de Dieu. En revanche, le chercheur de Dieu est un homme de justice qui protège le plus faible ; c’est un homme qui n’est plus dans le mensonge ; il n’a pas peur de la Vérité qui le rend libre. Sophonie annonce le Sermon sur la montagne. Les Béatitudes tracent le même chemin ; la première béatitude évoque un cœur prêt à tout recevoir de Dieu. Celui qui est pauvre de cœur a le regard de Dieu sur son prochain ; ainsi comme le Christ, il est doux et humble de cœur, plein de compassion, miséricordieux, pacifiant, respectueux de son prochain, prêt à se donner totalement au Père en devenant vivante offrande.

Il s’agit pour chacun d’entre nous de revêtir les sentiments du Christ. Rappelez- vous l’hymne aux Philippiens : « Lui de condition divine ne retint pas le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti. » Il nous faut ainsi entrer dans son obéissance au Père, obéissance d’amour et non une obéissance servile. Cette condition de serviteur est bien celle de tout apôtre. « Vous qui avez été appelés par Dieu, dit saint Paul, regardez bien. » L’apôtre des Nations nous donne ici un cours sur la mission qui, peut-être, nous déstabilise, alors que des chrétiens aimeraient bien que l’on parte en croisade ! Mais le temps des croisades n’est plus le nôtre ! Cela ne veut pas dire qu’il faut retrouver le temps de l’Église cachée, réduite au silence. C’est aujourd’hui le temps de la mission et point n’est besoin d’aller à l’autre bout du monde ; il faut plutôt aller au bout de la rue et vous rencontrerez des personnes qui ignorent qui est Celui qui sauve le monde.

L’apôtre est perçu comme le fou de Dieu, un passionné qui n’a pas peur d’affronter celui qui se croit fort. J’ai eu la grâce, comme Vicaire Général, de faire de nombreuses visites pastorales dont le thème était la mission. Que de personnes modestes étaient rayonnantes, avec une audace apostolique. Leur simplicité touchait les cœurs. Elles n’auraient sans doute pas été capables de donner un cours de théologie ; comme Paul, ce ne sont pas de grands prédicateurs ; on a reproché cela à l’Apôtre Paul ; mais qu’importe, dans une première annonce, le témoin laisse jaillir de son cœur une parole ; il sait que c’est l’œuvre de l’Esprit et non la sienne.

On ne peut pas s’enorgueillir devant Dieu ; tout vient de Lui, c’est pourquoi nous devons nous laisser envahir par sa Sagesse, c’est-à-dire sa Parole.

« C’est quand je suis faible que je suis fort », dit saint Paul. Conscients de notre faiblesse, nous nous appuyons sur la force donnée par le Christ qui habite en nous. Il s’agit de changer précisément de point d’appui – « ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi, » nous redit saint Paul. C’est pourquoi il nous faut laisser transparaître le Christ sur nos visages. Ceux que nous rencontrons veulent voir Jésus. Enfin il y a ce mot du Christ à saint Paul qui lui demandait de lui retirer l’écharde qui était dans sa chair : « Ma grâce te suffit. » Nous retrouvons l’humilité. Chacun d’entre nous a des échardes, des limites, des faiblesses et le Seigneur nous demande de ne compter que sur Lui, car il est le Rédempteur de l’homme, l’unique Médiateur entre Dieu et nous.

« Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur ».
La Croix est bien notre seule fierté, alors n’ayons pas peur et soyons audacieux et

contagieux. Ils sont légions ceux qui nous attendent.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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