Homélie du vendredi 23 mars 2018
publié le 09/04/2018 dans Non classé

À la veille des Rameaux, la liturgie de la Parole nous fait contempler la filiation divine de Jésus : « Je suis le Fils de Dieu… Croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez que le Père est en moi et moi dans le Père ». Voilà le cœur de notre foi. Le Christ est vraiment Dieu et vraiment homme. S’il n’était qu’homme, comment pourrait-il sauver l’humanité ? S’il n’était que Dieu, il serait bien éloigné de notre condition humaine ! Par le mystère de l’Incarnation, le Christ nous a rejoint dans nos blessures pour les guérir et il les guérit en révélant le visage de tendresse de son Père.

Le Christ connaît le désir profond de l’homme, car il est notre Père et l’Esprit le Créateur de l’homme. C’est pourquoi il rappelle aux juifs le dessein d’amour du Père : nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, précisément pour être comme Dieu ; certes, ne pas prendre sa place, mais devenir progressivement divinisés. Cette divinisation est de l’ordre de la grâce.

Attention de ne pas naturaliser le surnaturel !

Voilà l’œuvre de la Rédemption que nous allons vivre tout au long de la Semaine Sainte. L’institution du Sacerdoce et de l’Eucharistie, la Réconciliation, voilà les œuvres annoncées tout au long du ministère du Christ. La multiplication des pains était l’annonce de l’Eucharistie. Les nombreuses guérisons annonçaient la grâce du pardon qui nous relève et nous libère de toutes nos paralysies et esclavages. La prière sacerdotale du Christ souligne sa mission sacerdotale : « consacre-les dans la vérité » … « qu’ils soient un » … « Tout ce qui est à toi est à moi ». Le Christ au Golgotha nous présente tous à son Père, comme vivante offrande à la louange de la gloire. Toutes les Béatitudes sont récapitulées sur la Croix. Enfin sa résurrection annonce notre propre résurrection. Nous sommes attendus dans le Royaume du Père. Là, nous le verrons face à face et nous lui serons semblables. La mort est devenue consécration, passage de la vie terrestre à sa vie divine.

Voilà les œuvres ; il n’y a que le Fils de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu, qui pouvait accomplir de telles œuvres.

Ne passons pas à côté de cette si belle semaine sainte qui nous fait contempler à la fois l’œuvre de Dieu dont nous profitons et le chemin où le disciple est attendu. Car il nous faut mettre nos pas dans ceux du Christ et ne pas avoir peur d’aller jusqu’au Golgotha. Le grain de blé doit mourir en terre pour s’épanouir en gerbe. La croix est notre seule fierté, car elle est victoire sur le péché et la mort. Il ne s’agit pas d’être des crucifiés, mais d’entrer dans la logique du don, de l’amour, du serviteur fidèle : « Dénoncez-le … peut-être se laissera-t-il séduire par le monde. » vient de nous redire Jérémie. Les tentations sont là mais le Seigneur est avec nous et il ne peut pas nous abandonner. Le disciple du Christ est signe de contradiction parce qu’il est consacré dans la vérité et qu’il est appelé à la dire à ce monde.

« Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur,

Je suis sauvé de tous mes ennemis. »

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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