Homélie du vendredi 20 janvier
publié le 20/01/2017 dans Non classé

le vendredi 20 janvier 2017 à 18h15

Nous le savons, le Christ avant d’appeler ses disciples a passé une nuit en prière avec son Père. Ces douze sont les fruits de sa contemplation et de son dialogue avec le Père. Ils connaissent les fragilités de ceux qu’ils choisissent, mais qu’importe, « ma grâce te suffit ».

Ils sont choisis pour être avec Lui. C’est dire l’importance de l’intimité de l’Apôtre avec le Christ. Une conversion qui n’est pas toujours facile pour les prêtres de moins en moins nombreux et de plus en plus sollicités. Mais un prêtre qui ne prend plus le temps de se retirer à l’écart pour être avec son Seigneur est un prêtre en danger. C’est la contemplation qui me conduit à l’action. La vie apostolique est constitutive ; je suis prêtre 24h/24 ; je suis configuré au Christ prêtre, unique médiateur ; je ne suis pas un fonctionnaire du culte. C’est pourquoi le prêtre doit avoir ces temps gratuits d’intimité pour fortifier son être intérieur. On préfère agir, faire, plutôt que d’être ! Mais être avec Dieu, demeurer avec Lui nous donne la force d’agir au nom du Christ.

Le prêtre est avec le Christ pour proclamer la Bonne Nouvelle et quelle est-elle ? Le Christ est venu sauver tout homme sans exception, avec son histoire de péché ; le Christ révèle la tendresse du Père à travers son dessein d’Amour. Le prêtre a la force de proclamer la Bonne Nouvelle du Salut et d’expulser les démons, c’est lié, car le Salut est la libération de notre liberté entravée par les démons. Par les sacrements institués par le Christ, le prêtre prolonge l’agir du Christ. C’est dire que le prêtre est établi par le Seigneur ; il faudrait même traduire par “il est fait apôtre”, comme aimait le dire Saint Jean-Paul II, “ les fidèles veulent voir Jésus à travers nous.” C’est pourquoi la grâce sacerdotale transfigure malgré nos limites et nos pauvretés.

Les fidèles aimeraient tant avoir de saints prêtres ! Mais vous en avez ! J’aime la réflexion intérieure du Curé d’Ars qui, après avoir entendu une paroissienne le canoniser, dire : “si elle savait.” Mais osons le dire, les jeunes répondront à l’appel du Christ s’ils voient des prêtres heureux et fidèles ; des prêtres qui ont ce désir de la sainteté. Il est vrai que nous faisons des sacrifices, mais sûrement pas celui du bonheur. Les médias parlent des prêtres qui ont trahi le don reçu, mais ne faut-il pas parler aussi des bons prêtres, fidèles jusqu’au bout, qui se donnent sans compter.

Les apôtres n’ont pas toujours été fidèles à cause de leur peur, mais dès qu’ils se sont appuyés sur la grâce, ils sont devenus des témoins et parfois jusqu’au don du sang. Ce mystère de l’élection est beau et grand.

Nous sommes choisis par pure gratuité, non pas parce que nous sommes les meilleurs, mais par pur amour gratuit. Nous sommes choisis, non pas à cause de nos talents, car nous ne sommes que des serviteurs quelconques. Nous sommes choisis parce que le Christ en a parlé à son Père et qu’ils ont pris tous les risques. Là encore une preuve d’amour inouïe car le Père nous connaît dès le sein de nos mères.

Ce soir, il nous faut prier pour les évêques et les prêtres afin qu’ils soient fidèles à l’appel.

Prier aussi pour les jeunes, car la moisson est abondante… Que l’Esprit Saint leur donne l’audace de répondre “oui” pour qu’ils puissent chanter tout au long de leur vie : Magnificat.

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Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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