Homélie du dimanche 17 septembre
publié le 03/10/2017 dans Actualité

« Je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? »

La question du pardon n’est pas si simple. Le Seigneur nous invite d’abord à contempler le dessein d’amour de son Père ; si le Père a envoyé son Fils dans le monde, ce n’est pas pour juger le monde, mais pour le sauver ; sauver de son péché. Ce péché est celui de l’idolâtrie, le veau d’or ou tout simplement se prendre pour Dieu et devenir un apprenti-sorcier. le péché le plus grave ne pouvait pas être réparé par l’homme, il fallait le Christ, homme et Dieu ; car un seul homme ne pouvait pas sauver l’humanité ! Le Christ, comme homme, a tout assumé ; il connaît nos fragilités, nos tentations. Comme Dieu, il a transformé ces fragilités en richesse.

Le pardon de Dieu est bien le fruit de son amour ; il ne pouvait plus supporter de voir l’humanité se déshumaniser ; c’est pourquoi il a envoyé ce qu’il a de plus cher, son Fils unique ; le pardon a coûté cher au Seigneur, mais « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Et voilà que le Seigneur nous invite à notre tour à pardonner « 70 fois sept fois », le pardon coûtera toujours, car il faut une bonne dose d’humilité ! Reconnaître ses torts, les blessures qu’on a causées à cause de notre colère et de nos rancunes.

Il est sûr que pour des blessures profondes, il faut laisser le temps au temps ! Invoquer l’Esprit Saint pour trouver le bon moment, les bons mots ; il s’agit de montrer la sincérité de notre démarche ; toute démarche de pardon s’accompagne d’un geste qui scelle la réconciliation.

Pardonner et demander pardon : deux aspects complémentaires. Il faut aussi de l’humilité pour accueillir la demande de pardon, car cette demande met deux êtres au même niveau, sinon il n’y a pas de réel pardon ! Il y a des situations que nous croyons irrémédiables… c’est alors qu’il faut nous jeter dans les bras de Dieu et lui demander de nous aider à désarmer !

 

C’est ce que fit saint Maximilien Kolbe lorsqu’il pardonna à ses bourreaux.

C’est ce que fit saint Jean-Paul II et tant d’autres martyrs. Il est vrai que c’est de l’ordre de la grâce, encore faut-il la demander !

Il y a aussi le problème de la mémoire : “mon père, j’ai pardonné, mais je n’arrive pas à oublier.” Alors je vous exhorte à regarder le Catéchisme de l’Église Catholique qui a de vraies perles : « Il n’est pas en notre pouvoir de ne plus sentir et d’oublier l’offense ; mais le cœur qui s’offre à l’Esprit Saint retourne la blessure en compassion et purifie la mémoire en transformant l’offense en intercession » (C.E.C. n° 2843). C’est alors que nous nous mettons à prier pour ceux qui nous ont meurtri et c’est le Seigneur qui fait le reste !

« Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur,» vient de nous redire saint Paul. Le pardon nous remet au cœur de notre relation avec le Seigneur, un véritable pardon est le fruit de notre intimité avec le Christ. Car c’est bien le Christ qui agit en nous. Le Père nous demande de pardonner du fond du cœur, lieu de sa présence. Le nœud qui fait souffrir se situe bien au niveau du cœur. C’est bien la Trinité Sainte, aidée de la Vierge Marie qui dénoue ces liens.

« Bénis le Seigneur, ô mon âme, car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ».

La guérison qui réconcilie comble de paix et de joie, car le cœur est libéré et respire alors la tendresse, car il est dilaté par l’amour qui peut de nouveau agir.

à voir aussi
Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

allumer une bougie à notre-dame