Homélie du dimanche 10 septembre
publié le 03/10/2017 dans Actualité

« Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. » Que veut nous dire aujourd’hui le Seigneur ?

Tout d’abord, nous sommes des guetteurs, c’est-à-dire que nous devons avertir nos frères d’accueillir la Parole de Dieu pour qu’ils acceptent de faire la vérité et d’éclairer les zones de ténèbres. Ce n’est pas si simple ! Surtout ne pas donner de leçons de morale ! Ne pas commencer par les interdits et les obligations ! Il s’agit de proposer un chemin de bonheur ; comment libérer la liberté ?

Il nous faut aider à nommer les lieux d’esclavage, là où nous sommes enchaînés… car le guetteur a besoin lui aussi de faire le chemin.

Pour que le méchant se détourne de sa conduite, il faut accepter de marcher à ses côtés et de lui proposer des moyens accessibles pour qu’il se détourne de sa conduite. Surtout n’hésitez pas à invoquer l’Esprit Saint, car seul nous n’y arriverons pas.

Saint Paul nous trace quant à lui un chemin, celui de l’amour.

« L’amour ne fait rien de mal au prochain… L’accomplissement de la loi, c’est l’amour. » Voilà ce qui doit nous motiver. C’est parce que nous aimons notre prochain, que nous lui proposons de découvrir le salut offert par le Christ qui nous aime comme nous sommes. Une correction fraternelle faite en dehors de l’amour devient vite un règlement de compte et raidit les attitudes. En revanche, la confiance, la charité dilatent les cœurs et permettent de faire la vérité.

On ne peut pas se contenter de corriger, il nous faut aider la conversion. Le chemin parcouru, nous pouvons l’accompagner jusqu’à la demande de pardon ; mais pour cela, il faut désarmer et retrouver l’humilité du cœur.

Le Christ dans l’Évangile insiste sur la liberté. En effet si le frère ne veut pas désarmer, nous ne pourrons rien faire… ce qui nous empêche pas de continuer de prier pour lui : « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ».

 

Comment devenir des êtres de réconciliation ? Il y a bien des médiateurs familiaux qui cherchent des compromis. Le Seigneur nous demande plus ! Conduire au pardon, conduire à la grâce de la miséricorde, voilà ce que le Seigneur attend de ses disciples, en commençant par le vivre eux-mêmes comme nous le disons dans le Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » Nous devenons des êtres de réconciliation en vivant nous-mêmes cette réconciliation ; tout comme le prêtre qui est un bon confesseur s’il est lui-même un bon pénitent !

Un être de réconciliation est aussi un être de paix ; il faut commencer par pacifier les personnes ; cette paix permet de prendre du recul ! Et en plus, s’il y a une dose d’humour, c’est encore mieux ! La vie est si courte et complexe, pourquoi la rendre encore plus difficile ?

Un être de paix attire parce qu’il est en Dieu et que sa Parole sera imprégnée de l’Écriture ; il permettra de retrouver le bon sens ! Les commandements se résument dans cette parole : « tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Peut-être faut-il se poser la question : « Est-ce que tu m’aimes ? et si oui, comment ? » Un amour narcissique n’est pas bon ; en revanche s’aimer avec nos limites et nos pauvretés permettent d’aimer notre prochain dans la vérité de son être. Voilà la clef de la sainteté !

« Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. »

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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