Homélie du dimanche des Rameaux 25 mars 2018
publié le 09/04/2018 dans Non classé

Procession

Notre procession des rameaux est à l’image de notre vie spirituelle. Depuis notre baptême nous nous sommes mis à la suite du Christ notre Roi de l’Univers.  Nous sommes passés par les deux monts de l’Évangile, celui des Béatitudes, la loi Nouvelle, celle de l’Esprit Saint, le mont de la transfiguration où nous avons contemplé celui qui est le Fil bien-aimé du Père et qui nous donne la force d’aller avec lui vers le troisième mont, celui du Calvaire, le mont de la Rédemption.

Ensemble nous avançons vers Jérusalem, la ville où l’on tue les prophètes ; cette procession est prophétique. Avec la foule, nous acclamons notre Roi : « Hosanna ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre Père ».

Notre roi est assis sur un ânon et non debout sur un char triomphal ! Tout cela est bien à l’image de notre Roi qui sera abandonné des siens, trahi, voire même renié ; il sera couronné d’épines, revêtu de pourpre puis mis à nu sur la Croix.

Que de foules ont suivi le Roi de gloire, mais une foule versatile et peureuse face à l’autorité.

Et nous ? En suivant le Christ à Jérusalem, allons-nous crier : « à mort ! » Ou allons-nous redire : « À qui irions-nous, Seigneur, tu as les Paroles de la vie éternelle ? »

En faisant cette procession, nous demandons au Christ d’augmenter en nous la foi pour que nous osions témoigner que sa mort est source de grâces ; que la mort est définitivement vaincue et que notre liberté est libérée.

En faisant cette procession, nous demandons au Père que nous puissions porter des fruits qui lui rendent gloire, puisque telle est notre vocation.

Nous les porterons si nous nous laissons configurer au Christ. En allant avec lui à Jérusalem, nous comprenons que la Croix est un don et elle n’est qu’amour.

Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Voilà ce que le Christ veut nous rappeler au moment où nous entrons dans la grande Semaine, sommet de notre temps liturgique.

« Qu’il entre le Roi de gloire ; Jérusalem ouvrez grandes vos portes pour accueillir le Rédempteur de l’homme. »

Et maintenant, avançons, comme les foules de Jérusalem, heureuses d’acclamer le Messie.

 

Homélie

Contraste saisissant en notre liturgie qui a commencé par l’entrée triomphale du Messie et qui vient d’être condamné à mourir sur une Croix, suite à un procès tissé de mensonges.

C’est l’épitre aux Philippiens qui nous donne la clef de ce paradoxe : la mort et la gloire.

Le mystère de l’Incarnation fut le premier abaissement ; la crèche de Bethléem n’avait de sens que parce qu’il y avait le Golgotha, le second abaissement. Non seulement le Fils de Dieu et Dieu lui-même s’est incarné, ne retenant pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il est devenu serviteur. Il le rappellera souvent à ses disciples, notamment le Jeudi-Saint en instituant le sacerdoce.

Ce qui caractérise le serviteur, c’est l’obéissance. Toute la vie du Christ ne fut qu’obéissance à son Père : « ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé. »

Le Fils connaît le dessein d’amour de son Père ; le Fils donne librement sa vie pour le salut du monde, en communion avec son Père, sachant que c’était ainsi qu’il réaliserait ce dessein d’amour. C’est pourquoi l’obéissance l’a conduit jusqu’à la mort de la Croix. Certains pensent que le Père est bien cruel et qu’il aurait pu sauver le monde autrement ! Mais pour tuer la mort, le Christ devait aller dans la profondeur de la blessure de l’homme ; la mort, conséquence du péché, devient alors une ouverture à Dieu, une offrande au Père, une consécration qui récapitule toutes les eucharisties et qui devient une entrée dans la vie divine. « Là où je suis, vous y serez aussi » dit le Christ à ses disciples. La mort n’a plus le dernier mot. « C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom ». La Croix a une ombre qui s’appelle aurore et c’est la Résurrection.

Déjà à la fin de la passion selon saint Marc que nous venons d’entendre, le centurion voyant comment le Christ a expiré sur la Croix, déclara : « Vraiment cet homme était le Fils de Dieu ». Oui, de la Croix jaillit la Gloire.

C’est pourquoi « toute langue proclame : Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ».

Je vous invite à vivre intensément la semaine sainte, à Notre-Dame ou dans votre paroisse. La liturgie est la meilleure façon de nous identifier à notre Roi crucifié mais ressuscité !

« Accorde-nous Seigneur, cette grâce de retenir les enseignements de la passion de ton Fils et d’avoir part à sa résurrection. »

à voir aussi
Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

allumer une bougie à notre-dame