Homélie du 1er dimanche de l’Avent
publié le 14/12/2016 dans Actualité

le dimanche 27 novembre 2016 à 11h30

Notre nouvelle année liturgique commence avec ce 1er dimanche de l‘Avent, temps du désir, temps de l’attente ; mais que désirons-nous ? Qu’attendons-nous ? Ce temps liturgique nous est donné pour faire croître en nous le désir de la vision de Dieu, l’attente du retour en gloire de notre Sauveur, ce que nous appelons la parousie.

« Tenez-vous donc prêts… c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Le temps de Dieu n’est pas le nôtre ; mille ans sont comme un jour ! Il nous faut donc être vigilants pour ne pas être surpris. Alors ensemble, réfléchissons sur cette vigilance spirituelle. Il y a certes la parousie, mais il y a aussi notre propre pâque, notre passage de la mort à la vie et là aussi, nous ne connaissons pas l’heure, car la mort ne nous appartient pas.

Saint Paul nous invite à « rejeter les œuvres des ténèbres en nous revêtant des armes de lumière. » Nous les connaissons : la prière, les sacrements, la méditation de la Parole de Dieu, des actes d’amour et de miséricorde ; oui « revêtons-nous du Seigneur Jésus-Christ. »

Ce temps n’est pas celui du carême, mais c’est le temps où l’on va se laisser habiter par le Christ. Que notre prière soit plus intérieure, dans l’intimité de nos cœurs pour y découvrir la présence Trinitaire. D’où l’importance de la vigilance du cœur: ne pas se laisser distraire pour que les œuvres de ténèbres ne nous envahissent pas ! A nous de voir ce qui nous distrait du chemin du Seigneur et donnons-nous les moyens de résister en étant un être de lumière. Méfions-nous de tout ce que nous faisons en cachette ! Sauf si c’est pour préparer une surprise à vos proches… Mais là nous sommes dans l’ordre de l’amour !

Quand on a revêtu le Christ, alors nous devenons des êtres transfigurés et remplis de joie. Cette joie, elle jaillit de notre cœur, lorsque nous montons sur la montagne du Seigneur pour le rencontrer : « Quelle joie quand on m’a dit : nous irons à la maison du Seigneur. » Il nous faut retrouver cette joie intérieure provoquée par la rencontre du Seigneur. Ainsi dans votre prière, ne recherchez pas les “ gouzigouzis ”,

ces frissons, tout ce qui est de l’ordre du “ senti “, mais bien plutôt la joie et la paix qui sont des dons de l’Esprit. Cela suppose une prière qui soigne la mise en présence de Dieu et qui nous plonge dans notre âme, notre ciel intérieur. Nous allons toujours trop vite… pour arriver au niveau du cœur ; il faut arriver à faire taire notre intelligence, à apaiser nos distractions, non pas en les chassant car nous les alimentons, mais en revenant sans cesse à notre cœur, selon une belle expression augustinienne : “ Redi ad cor “, Reviens vers ton cœur ! Cette prière, que nous appelons oraison, unifie nos cœurs et c’est alors que la paix s’installe et fait naître la joie. Une joie simple, celle d’être en notre demeure intérieure qui est devenue la maison du Seigneur.

C’est notre meilleure façon de “ veiller ” pour accueillir le Seigneur. Pourquoi chercher à l’extérieur ce qui est à l’intérieur de nous-mêmes ? Il y a des fidèles qui ont des vies spirituelles épuisantes parce que compliquées ! Et pourtant, la prière, c’est si simple ; certes, il faut s’y mettre ; certes, il faut vaincre ses peurs et accepter de dépendre du Seigneur… Mais tous les grands saints sont arrivés à soulever des montagnes grâce à ces temps de veille avec le Christ ; parfois ces temps n’étaient quenuit comme pour Mère Térésa, mais ne rêvons pas: il y a des temps d’illumination, mais le plus souvent, nous sommes là comme des bûches, mais des bûches incandescentes ; on ne le sait pas toujours ; l’oraison consiste à alimenter le feu d’amour. Les paroles ne sont pas des discours mais des brindilles qui alimentent ce feu.

Jésus insiste sur la vigilance du cœur qui est relative à lui, à sa venue au dernier jour, mais aussi chaque jour. L’Epoux vient au milieu de la nuit ; la lumière qui ne doit pas s’éteindre est celle de la foi : « De Toi mon cœur dit : cherche sa face. » (Ps 27, 8)

Laissons-nous enseigner par le Seigneur pour qu’il nous montre le chemin à emprunter. Puissions-nous vivre cet Avent comme un retour à la source d’eau vive.

« Mon âme a soif du Dieu vivant, quand le verrai-je face à face ? » Telle est notre prière.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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