Homélie du 4e dimanche de l’Avent
publié le 19/12/2016 dans Actualité

Le dimanche 18 décembre à 11h30

« Demande pour toi un signe. » Que de fidèles attendent des signes ! Certains voient des signes partout et cela devient insignifiant ; d’autres sont complètement aveugles et n’en voient aucun. Alors comment discerner le signe que le Seigneur nous donne à quelques jours de Noël ?

Il faut d’abord se laisser surprendre ; on s’attendait à tout sauf à la naissance du Fils de Dieu. Un signe fragile, qui n’est pas de l’ordre de l’extraordinaire.

Dans nos vies, nous cherchons souvent de l’extraordinaire ; mais Dieu n’est ni dans l’ouragan, ni dans le tonnerre, mais dans une brise légère. Dieu intervient le plus souvent dans l’ordinaire de nos vies. La crèche de Bethléem ne fait pas de bruit, mais elle est source de lumière, car l’Enfant est lumière n de la lumière. Alors cherchons un signe fragile mais qui illumine notre vie.

Se laisser surprendre comme saint Joseph qui accepte de bouleverser ses projets pour faire la volonté de Dieu. Non seulement il voit le signe, mais il entre dans le projet de Dieu : « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. » Le peuple d’Israël n’a pas su accueillir ce signe si fragile, parce qu’il attendait un Messie si différent de l’Enfant de la crèche qui annonce le Messie crucifié.

En vie spirituelle, il faut d’abord s’émerveiller du dessein d’amour du Père. Il faut ensuite se laisser bousculer pour pouvoir reprendre le chemin. Il nous faut renouveler notre obéissance de la foi, en acceptant de désarmer pour ne faire que la volonté de Dieu.

Est-ce que le signe donné par Dieu éclaire son dessein d’amour ?

Le signe nous éclaire tout d’abord sur Dieu lui-même ; lui le Tout-Puissant, le Créateur du ciel et de la terre, accepte de naître dans une crèche, un lieu pauvre ; n’est-ce pas l’annonce de la proximité de Dieu auprès des plus petits, des plus pauvres, c’est-à-dire les pécheurs, les blessés. C’est d’ailleurs ce qui a fait scandale. Comment un Dieu trois fois saint puisse être à la table des pécheurs ? Le signe nous éclaire ensuite sur la mission du Fils. Dès le début, c’est le combat entre la lumière et

les ténèbres : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jn 1, 11) Il n’y avait pas de place à Bethléem pour la Sainte famille. Ce combat, le Christ le mènera jusqu’à la fin. La crèche n’a de sens que parce qu’il y a le Golgotha.

Le signe nous éclaire enfin sur l’enseignement du Christ. La crèche annonce et illustre les Béatitudes et la loi nouvelle, celle de l’Esprit. Un enseignement nouveau qui ne change pas un iota de la loi, mais qui propose une nouvelle interprétation moins étriquée que celle des scribes et des pharisiens qui, eux, ont trahi la loi ancienne.

« De crème et de miel, il se nourrira jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. » La loi nouvelle, loi de liberté nous est donnée précisément pour opérer un discernement et choisir le bien, ce qui est bien pour nous, ce qui est bien pour les autres.

Il nous reste quelques jours pour préparer nos cœurs à célébrer la fête de Noël. C’est saint Joseph qui nous propose un chemin, celui que lui-même a parcouru.

Tout d’abord l’obéissance de la foi ; c’est bien notre foi qui conduit notre vie. Non seulement saint Joseph est à l’écoute de la Parole, mais il obéit à la Parole. Il nous montre que toute sa vie est oblative ; il ne s’intéresse pas à lui, mais au Seigneur qui lui demande l’offrande de sa vie, en prenant Marie chez lui, en protégeant la Sainte Famille, en éduquant l’Enfant-Dieu.

Mais nous avons été créés nous aussi pour être offrande au Père. La plus belle façon de se préparer au mystère de Noël, c’est d’ouvrir nos cœurs pour qu’ils deviennent des crèches accueillantes pour l’Enfant-Dieu; et nos cœurs seront accueillants s’ils entrent dans le mystère de l’abaissement du Fils.

C’est par l’humilité, la simplicité, l’émerveillement que nous préparons nos cœurs à voir Dieu : ce petit Enfant, le Fils du Père Éternel.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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