Homélie du 2e dimanche de l’Avent
publié le 04/12/2016 dans Actualité

le dimanche 4 décembre 2016 à 11H30

Saint Jean-Baptiste, en ce 2e dimanche de l’Avent, nous exhorte à la conversion en nous désignant « Celui qui vient et qui baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ». Saint Jean est le prophète qui désigne l’Agneau de Dieu ; il est celui qui est le lien entre les deux testaments. Il est le plus grand et cependant le plus petit dans le Royaume. Prophète de l’espérance, il oriente notre regard vers le salut.

Pourquoi tant de foules allaient rejoindre le Baptiste ? Car les juifs attendaient le Messie et que Jean préparait les cœurs à cet accueil. Et nous qui nous préparons à accueillir l’Enfant-Dieu, nous avons aussi à produire un fruit digne de la conversion.

Saint Paul nous propose un chemin. Tout d’abord, travaillez notre vertu théologale, l’Espérance. Et croyez-moi, dans les moments difficiles que nous traversons, nous en avons besoin.

Qu’est-ce que l’Espérance? «C’est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur, le Royaume des cieux et la vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ. » (CEC 1817) Ce désir nous oriente vers le Royaume sans quitter le monde présent. En effet, l’espérance purifie nos activités pour les ordonner au Royaume ; elle protège du découragement, elle préserve de l’égoïsme et conduit au bonheur de la charité, c’est pourquoi saint Paul nous exhorte à la communion.

L’Espérance ne déçoit pas, même si elle est fragile. C’est par l’espérance qu’on persévère jusqu’à la fin et qu’on obtient la joie du ciel comme récompense de Dieu pour les bonnes œuvres accomplies avec la grâce du Christ.

C’est dire que l’espérance et la foi nous font prendre du recul par rapport à notre monde, mais aussi par rapport à ce que nous vivons.

Le prophète Isaïe, lui, nous rappelle les sept dons de l’Esprit que nous avons reçus le jour de la confirmation ; qu’en avons-nous fait ? Ils sont si utiles pour l’épanouissement de notre personnalité. Ils viennent développer les quatre vertus

cardinales: justice, force, prudence, tempérance, ainsi que les trois vertus théologales : Foi, Espérance et Charité. Il serait trop long de vous montrer que les 7 dons, les 7 vertus, les 7 béatitudes et les 7 demandes du Pater se répondent comme une symphonie.

En tout cas, pendant ce temps de l’Avent, retrouvez ces dons et voyez comment vous en faites usage. Ravivez ces dons et vous verrez que votre vie spirituelle va porter de nombreux fruits. Ainsi avec l’Esprit de force, vous serez plus forts dans le combat spirituel ; avec l’Esprit de conseil et de discernement, vous prendrez le temps de vous asseoir pour trouver le bon chemin, celui où le Seigneur vous attend. L’Esprit de Sagesse et de connaissance vous aideront à pénétrer un peu plus le mystère de Dieu, et quant à la crainte et l’adoration, vous renouvèlerez votre vie de prière.

C’est ainsi que nous préparerons le chemin du Seigneur. C’est un appel aussi à préparer notre monde à la venue du Sauveur.

« Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. »

Quelle belle proximité de notre Dieu qui accepte de devenir petit enfant pour être proche de tout ce qui est fragile. Ce petit enfant aura souci du faible et du pauvre.

Voilà ce dont nous avons à témoigner – que de fausses images de Dieu ! Noël devrait nous permettre de lâcher prise, de désarmer devant cet amour du Père : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique pour nous sauver. » Ce baptême dans l’Esprit nous fait partager les fonctions sacerdotale, royale et prophétique du Christ. Alors « rendons gloire à Dieu d’une seule voix », telle est notre mission de peuple de prêtres. Nous transformerons ce monde profane en royaume d’amour tel que le décrit Isaïe dans la première lecture ; voilà notre fonction royale ! Enfin, nous annoncerons la venue du Sauveur, telle est notre mission prophétique.

Profitons de cette deuxième semaine pour transmettre autour de nous cette bonne nouvelle, grâce au sacrement de la confirmation qui fait de nous des missionnaires dont notre monde a bien besoin.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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