Homélie du dimanche 8 octobre 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

La parabole que nous venons d’écouter est l’écho du passage d’Isaïe entendu dans la première lecture ; mieux elle éclaire la prophétie d’Isaïe et annonce le mystère Pascal.

« La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël », le Christ évoque l’histoire vétéro-testamentaire. Les serviteurs envoyés, ce sont les prophètes qui dénoncent les infidélités d’Israël face à la fidélité de Dieu. Sans cesse, ils invitent à la conversion, mais les nuques raides n’entendent pas. Alors le Père envoie ce qu’il a de plus cher, son Fils unique, mais « les vignerons se disent entre eux : voici l’héritier : venez ! Tuons-le, nous aurons son héritage ». C’est le mystère de la Passion. Le Messie est rejeté, tué, mais trois jours après, le Père répond à l’accueil du don de son Fils par la Résurrection.

La conséquence, c’est que la vigne est louée à d’autres vignerons. Le salut n’est plus réservé au peuple d’Israël, il est proposé à toutes les nations sans exception.

« Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits ». Frères et sœurs, la vigne, c’est l’Église. Alors nous avons à nous interroger : faisons-nous produire les fruits attendus par le Seigneur ?

Attention de ne pas tomber dans un satisfecit, car s’il y a des fruits, c’est grâce à l’œuvre de Dieu ! Mais attention aussi à une auto-flagellation qui conduit à la déprime.

Oui, depuis deux mille ans, l’Église a traversé des heures difficiles. Nous connaissons les dangers, les tentations, les scandales ; d’ailleurs les historiens sont là pour les rappeler ! Mais ils oublient souvent la sainteté qui, elle, ne fait pas de bruit ! Ils oublient que l’Église est un peuple de saints pécheurs.

Le Pape François a été élu pour réformer non seulement la curie, mais l’Église et il sait que cette réforme a un nom : la sainteté. Ainsi, ce n’est pas uniquement l’œuvre du Pape, mais la nôtre. Cette œuvre passe par des petits gestes. Ne cherchons pas l’extraordinaire, mais bien l’ordinaire de nos vies. « Sur les journaux, trouve-t-on les nouvelles de ce que font tant de prêtre, tant de curés dans tant de paroisses de villes ou de campagnes ? Toute la charité qu’ils font ? Tout le travail qu’ils font pour faire avancer le peuple ?… Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse, » rappelle le Pape.

Lorsque j’étais Vicaire général de notre diocèse, j’avais eu la grâce de faire une trentaine de visites pastorales ; j’ai été touché par les merveilles que j’ai pu voir, ce n’était pas spectaculaire, mais c’était la charité en acte ! C’est l’amour qui réformera l’Église : « C’est en voyant ce que vous faites de bien que les gens rendront gloire à Dieu. » La charité est l’évangélisation implicite qui doit accompagner l’annonce explicite de la Bonne Nouvelle.

« Tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu… prenez-le en compte. » Tel est le programme de saint Paul développé dans sa lettre aux Philippiens. Nous sommes capables de l’accomplir, car nous avons reçu les grâces nécessaires. Certes, nous demeurons des êtres blessés par le péché, mais la miséricorde du Seigneur nous accompagne.

Si nos communautés resplendissent de la sainteté, elles seront appelantes. Des fidèles auront envie de nous rejoindre ; des jeunes s’engageront dans le mariage et le sacerdoce.

« Que ton visage s’éclaire, Seigneur, et nous serons sauvés ». Nous deviendrons alors des êtres transfigurés et notre monde aujourd’hui a besoin de témoins saints et illuminés.

Surtout ne baissons pas les bras ! C’est le moment ! Dieu nous attend.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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