Homélie du dimanche 6 mai 2018
publié le 24/05/2018 dans Non classé

La liturgie de la Parole nous fait entrer dans la contemplation de l’amour. Tout d’abord, la contemplation de l’amour de Dieu : « Dieu est amour. »

Faisons résonner cette parole de saint Jean ! Vous ne ferez jamais naître de la vengeance dans le cœur de Dieu et même « si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur. »

Le dessein d’amour du Père, c’est le don de son Fils unique pour la rémission des péchés et pour que nous vivions par lui. Désormais nous vivons dans l’amour par le Christ, avec le Christ et en Christ.

Comment peut-on résister à un tel amour ? Certains ont peur de perdre leur indépendance ; d’autres ferment leur cœur à cet amour. Il faut si peu de choses pour désarmer devant l’amour : une rencontre, un regard, une parole, une main tendue, découvrir que Dieu nous aime comme nous sommes. À entendre nos catéchumènes adultes, c’est toujours par l’amour qu’ils sont attirés par le Christ. Malgré leur histoire de péchés, l’Esprit se répand en leurs cœurs : « Quelqu’un peut-il refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint comme nous ? » C’est l’Esprit du Seigneur qui a l’initiative ; c’est lui qui pousse le futur catéchumène à franchir la porte d’une église pour demander comment faire pour être baptisé. Sachons accueillir les chercheurs de Dieu, à les prendre là où ils en sont ; ne soyons pas élitistes, mais ouvrons grandes les portes de l’Église.

Contemplation non seulement de l’amour de Dieu, mais aussi de l’amour que nous portons en nos cœurs :

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. »

Si le Christ nous invite à demeurer en son amour, c’est parce qu’il est la source de tout amour. Mais comment demeurer ? Pas si simple dans nos vies agitées, tellement sollicitées par l’extérieur ! Celui qui demeure a pris le temps de s’asseoir pour se recueillir et faire silence.

Il s’agit de descendre en son cœur et s’y établir pour y découvrir la Présence de l’Amour en personne. Découvrir que nous sommes habités par le Seigneur est l’une des plus grandes grâces de la vie spirituelle.

 

C’est alors que nous découvrons que nous sommes les amis du Seigneur. Cette amitié est source de liberté spirituelle, car nous répondons à ce pour quoi nous avons été créés : vivre dans l’amour en présence de Dieu. Toute notre vie est saisie dans l’amour qui nous transfigure. Chemin d’unification de tout notre être puisque l’amour unifie. Nous vivons trop à la surface de nous-mêmes ; être libre, c’est à la fois devenir un être intérieur et un être ouvert au monde. Trop souvent nous privilégions l’extérieur en oubliant la vie intérieure.

Au moment où notre Pape François nous exhorte au discernement, il nous faut entrer dans notre conscience, le lieu secret de notre être où l’on entend la voix de Dieu.

« Tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » Encore faut-il être à l’écoute de ce que nous dit le Christ !

Que veut nous rappeler aujourd’hui le Seigneur ? « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Le “comme” est plus qu’une imitation ; en effet comment imiter l’amour de Dieu ?

Alors ouvrons nos cœurs pour nous laisser envahir par l’Amour et ce dont je suis sûr, c’est que nous serons habités par la joie que nul ne pourra nous enlever.

 

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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