Homélie du dimanche 5 février
publié le 03/02/2017 dans Non classé

le dimanche 5 février 2017 à 11h30

L’évangélisation est une urgence ; la foi doit se partager ; la liturgie de ce 5ème dimanche nous y exhorte; alors c’est l’occasion de raviver en nous le zèle apostolique.

Commençons par le témoignage de saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Il nous confie que ce n’est pas un grand orateur ; d’ailleurs, on enverra après lui des prédicateurs plus prestigieux et il en souffrira ! Mais l’essentiel n’est pas la rhétorique ! C’est le contenu ! Le curé d’Ars, au début de son ministère, recopiait des homélies et il était très ennuyeux ! Le jour où il a laissé parler son cœur, alors il a touché les cœurs !

Quelestl’essentieldelaprédication? «Jésus-Christ,ceMessiecrucifié»;en d’autres termes : le Salut. Sauvé par qui, sauvé comment, sauvé de quoi ? Voilà ce que nous avons à transmettre. Alors ne cherchons pas à faire de beaux discours, mais commençons par rejoindre celles et ceux à qui nous voulons annoncer la Bonne Nouvelle. Où en sont-ils ? Quels sont leurs besoins, leurs désirs !

Comment l’Évangile s’est-il répandu si vite dans le bassin méditerranéen ? Les romains comme les grecs étaient déçus par leurs dieux top éloignés, leurs dieux qui ne s’occupaient pas d’eux ; les dieux de l’Olympe n’attendent que la soumission et l’adoration des fidèles, bien loin des préoccupations de ce qui se passe sur la terre ! Eux, ils étaient au 7ème ciel ! En revanche, le Dieu de Jésus-Christ écoute et connaît nos besoins. Le Christ a été envoyé précisément pour être proche des plus pauvres, les pécheurs et les malades. Dieu comme Jupiter est le Tout-Puissant, mais cette puissance n’écrase pas, bien au contraire, elle vient mendier notre pauvre amour.

Chez les grecs, il y a Eros le Dieu de l’amour ; mais notre Dieu est Amour. C’est son être même ; un amour qui se partage, qui se donne sans cesse. Un amour qui divinise. L’amour est sa plénitude. Vous ne ferez jamais naître de la vengeance dans le cœur de Dieu, car il est Amour, il n’est qu’Amour.

Chez les grecs, il y a Athéna, la déesse de la guerre. Mais notre Dieu est un Messie Crucifié. Il refuse les armes ; il se laisse arrêter et crucifier après son procès falsifié ; mais rien ne peut arrêter l’accomplissement des Écritures.

Le Messie sera crucifié, mais trois jours après il ressuscitera. Nos armes sont la foi, l’espérance et la charité. Le combat que nous avons à mener, c’est celui de la lumière contre les ténèbres.

Nous sommes des êtres illuminés par la grâce baptismale ; mais pour que cette lumière brille aux yeux des hommes, il nous faut vivre la charité. Nous retrouvons le prophète Isaïe. La charité est le lieu privilégié de l’évangélisation, nous l’appelons “annonce indirecte”, mais la charité est signe de la tendresse de Dieu. Ainsi quand tu te donnes aux plus pauvres, alors « la lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. »

Un être donné est un être rempli de joie, car il y a toujours plus de joie à donner qu’à recevoir.

Notre monde bien triste a besoin d’un peu de saveur. Nous sommes là pour cela, le sel donne du goût quand le plat cuisiné est fade. De même pour celles et ceux que nous rencontrons et qui ne voient plus le sens de leur vie et qui vont le chercher dans l’artificiel, le superficiel.

Dans un monde enténébré par les crises que nous traversons, nous avons besoin de la lumière de la foi. À nous d’être des lumières, non pas parce que nous sommes les meilleurs, mais parce que nous sommes habités par Celui qui est la lumière née de la lumière. Encore faut-il la laisser paraître sur nos visages.

« Alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à notre Père qui est aux cieux. »

Nous sommes donc loin de la rhétorique ; nous sommes dans l’ordre de l’amour, la plus belle évangélisation lorsqu’elle est accompagnée de notre témoignage de foi et d’espérance.

Notre monde a besoin de témoins transfigurés. N’ayons pas peur, c’est le moment de jeter les filets ; avançons au large.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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