Homélie du dimanche 25 février 2018
publié le 09/04/2018 dans Non classé

La semaine dernière, nous étions avec le Christ au désert pour mener le bon combat spirituel. J’espère que vous avez fait mémoire de vos victoires !

Ce combat, nous avons à le mener jusqu’à la fin du carême et au-delà ! Mais en ce deuxième dimanche de Carême, nous allons reprendre des forces dans la contemplation. Nous sommes au bas de ce mont Thabor et il nous faut monter ! Notre vie spirituelle est une ascension ; et comme l’écrit saint Grégoire de Nysse dans son commentaire du Cantique des Cantiques : « Celui qui monte ne s’arrête jamais d’aller de commencement en commencement par des commencements qui n’ont jamais de fin ».

Alors, ayons de l’audace et devenons tous des mystiques. Pour cela, nous avons à passer par trois étapes.

Tout d’abord la purification. Cette étape est nécessaire, car le péché est un détournement de Dieu et une conversion vers les créatures. Il est impossible d’atteindre Dieu si le mouvement du cœur est d’abord pour la créature ; Entendons-nous, il ne s’agit pas de renoncer à aimer une créature, mais à dépasser cet amour pour que tout s’enracine en Dieu.

Cette purification conduit à l’unification de notre être. Comme le dit le psalmiste : « unifie mon cœur », c’est l’amour qui unifie alors que le péché divise.

La deuxième étape est celle de la contemplation. Avec les apôtres, nous avons gravi le Mont Thabor et nous nous trouvons devant le Christ transfiguré entouré d’Élie et de Moïse, c’est-à-dire des prophètes et de la loi, montrant ainsi le Fils récapitulant tout l’Ancien Testament. Nous voyons le transfiguré avec les yeux du cœur purifié et comme devant une icône, nous entrons dans l’invisible ; ce n’est plus nous qui regardons, c’est celle ou celui qui est représenté qui nous regarde.

Le grand Origène, Père du IIIe siècle dit que le vêtement blanc du Christ est l’Évangile – oui l’Écriture Sainte, c’est le vêtement du Christ, Parole toute divine parce que c’est Dieu qui parle et en même temps parole humaine puisque Dieu y fait usage d’instruments humains, avec tout ce que cela comporte d’humilité. La Parole de Dieu fait croître notre foi et nourrit notre contemplation. –

 

 

La troisième étape est celle de l’illumination. Quand nous contemplons un certain temps le Seigneur, il nous illumine et nous unit à lui-même ; les Pères grecs parleraient de divinisation, les visages des transfigurés portent le reflet resplendissant de la gloire du Père. Le lieu de la transfiguration est bien le corps ; c’est tout l’être, corps, âme et esprit qui est rempli de lumière.

Les Pères de l’Église ont été sensibles au fait que les disciples sont pris dans la nuée et qu’ils sont donc, comme le Christ qu’ils contemplent, transfigurés.

Notre monde a besoin de témoins transfigurés !

Mais il nous faut redescendre de la montagne ! Cette ascension spirituelle nous est donnée pour fortifier notre foi : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » ; pour faire grandir notre espérance, les disciples se demandaient ce que voulait dire « ressuscité d’entre les morts » et pour vivre de la charité, à l’école du Maître qui « s’est livré pour nous tous », comme vient de le rappeler saint Paul sans sa lettre aux Romains.

La première lecture nous rappelle le sacrifice de notre Père Abraham. Dieu ne nous tente pas, mais il peut nous mettre à l’épreuve pour que nous puissions grandir dans l’obéissance de la foi. Abraham est prêt à offrir son fils unique : « me voici Seigneur, je viens faire ta volonté » et à l’obéissance de la foi, une réponse d’amour du Père : « je te comblerai de bénédictions. »

Après le sacrifice du Fils unique de Dieu, le Seigneur ne veut plus d’holocauste, mais bien plutôt un sacrifice d’action de grâce, car « le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé ».

Ce chemin d’humilité, voire même de dépossession est en même temps une transfiguration. Notre moi encombrant laisse place à un moi plus profond que moi-même. Saint Paul aimait dire : « ce n’est plus moi qui vis mais le Christ qui vit en moi ».

C’est alors l’Amour qui désormais nous habite et qui rayonne. Car si le péché divise, l’amour unifie, pacifie et illumine.

Frères et sœurs, dans un monde de ténèbres, nous avons besoin de la lumière ; cette lumière ne nous appartient pas, nous avons à la recevoir ! Mais c’est ainsi que tout disciple du Christ devient signe de contradiction ; alors laissons-nous transfigurer !

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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