Homélie du dimanche 22 janvier
publié le 20/01/2017 dans Non classé

le dimanche 22 janvier 2017 à 11h30

Si Jésus s’installe à Capharnaüm, c’est parce qu’il aime cette cité, mais surtout parce qu’il veut accomplir la prophétie d’Isaïe : « Ce peuple a vu une grande lumière. » C’est le lieu où Jésus se révèle lumière née de la lumière. C’est le lieu de l’appel des premiers disciples. Le regard du Christ sur Simon, André, Jacques et Jean est un appel à se mettre à sa suite et sans hésiter laissant leurs filets, ils le suivent. Radicalité de l’appel, radicalité de la réponse : « Aussitôt, ils le suivirent. » Ils sont choisis par pure gratuité pour être avec le Christ et pour annoncer la Bonne Nouvelle du Salut. La vocation sera toujours un mystère : pourquoi ces quatre là ? Le Fils en a parlé à son Père ; c’est le choix de la Trinité Sainte. Ils étaient libres de répondre, mais ce regard du Christ fut foudroyant, regard rempli de lumière qui laissait pressentir que Jésus était celui qui devait venir, l’Agneau de Dieu qui vient enlever le péché du monde.

Comme chacun d’entre nous, ils sont fragiles, mais fortifiés par la grâce, si toutefois ils s’appuient dessus !

Et nous qui sommes disciples par la grâce du baptême, nous poursuivons la mission. L’Église, sacrement du Salut, épouse du Christ, sanctifie le peuple de Dieu en le rassemblant. Mais depuis plus de deux mille ans, elle est affrontée aux divisions. Dès les premières années, ce sont des questions d’influence, de pouvoir. Saint Paul dénonce cela dans sa lettre aux Corinthiens. Nous sommes un peuple de saints, mais de saints pécheurs ! Encore aujourd’hui, dans des communautés et sans doute même autour du siège de Pierre, il y a des conflits de pouvoir. Une nouvelle fois, il nous faut aller à la source pour retrouver une spiritualité de la communion ; et pour cela, il faut nous rappeler que nous sommes tous des serviteurs du Seigneur. Le pouvoir dans l’Église est exercé comme un service. Il n’y a qu’un maître, c’est le Seigneur. Certes, nous avons à obéir au Pape et à nos évêques, mais cette obéissance est celle du Christ à son Père, c’est-à-dire une obéissance d’amour et non d’esclave.

S’il n’y a pas de pouvoir, alors nous serons vite dans l’anarchie. Si le Christ a institué Pierre et ses successeurs comme tête de l’Église, ce n’est pas pour en faire des tyrans, mais bien comme serviteur des serviteurs.

C’est l’Esprit Saint qui choisit les évêques. Parfois nous abordons l’Église avec un regard purement sociologique et institutionnel; nous oublions la dimension surnaturelle. Nous ne sommes pas dans une secte ; nous sommes libres au cœur de l’Église !

Nous ne sommes pas des moutons de panurge ! Nous pouvons avoir des idées et nous devons accepter la diversité dans l’unité ; sinon il n’y aura plus de dialogue œcuménique.

N’oublions pas que l’Église est notre Mère et qu’on n’est pas là pour régler nos comptes avec notre Mère. La critique est possible quand elle reste dans le domaine de la charité.

Nous aimons notre Église parce que le Christ en est la Tête, que nous sommes les pierres vivantes et que nous sommes appelés à vivre une communion d’amour.

L’Église est belle parce qu’elle rayonne de tous ces saints qui illuminent le monde.

« J’ai demandé une chose au Seigneur habiter la maison du Seigneur ».

La prière du psalmiste est la nôtre. Nous avons ce désir d’être au cœur de l’Église pour voir les bontés du Seigneur. La petite Thérèse a cherché sa vocation et elle fut dans la joie quand elle l’a enfin trouvée : « Au cœur de l’Église, ma vocation c’est l’Amour ».

Frères et Sœurs, si vous voulez que l’Église se répande dans toutes les nations, alors choisissez cette vocation ; soyez l’Amour !

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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