Homélie du dimanche 18 février 2018
publié le 09/04/2018 dans Non classé

Quelle joie de vous retrouver, vous qui êtes dans cette cathédrale Notre-Dame de Paris et vous qui nous rejoignez grâce à France-Culture. Ensemble, nous allons vivre une aventure spirituelle qui va nous mettre à la suite du Christ. Tous, nous souhaitons devenir ses disciples et pour cela, retrouver les attitudes spirituelles qui nous remettent sur le chemin et feront de nous des signes de contradiction.

Je suis sûr que mercredi dernier, le jour des Cendres, vous avez pris de bonnes résolutions, des points de conversion ; vous ne les avez pas encore oubliés ? N’hésitez pas à les noter sur un carnet ! Le jeûne, la prière, l’aumône ne doivent pas devenir des actes héroïques, car l’orgueil risque de s’en mêler ! N’ayez pas les yeux plug gros que le ventre, car vous allez vite vous décourager ! Ces moyens proposés par le Christ doivent nous aider à nous convertir, à délier les chaînes que parfois nous nous imposons nous-mêmes, pour mieux entrer dans l’intimité du Seigneur. Oui, le carême nous est donné pour préparer nos cœurs à vivre la Semaine Sainte et à suivre le Christ jusqu’au Golgotha. Vous le savez, dans l’Évangile il y a trois monts : Le mont des Béatitudes, le Thabor, le mont de la Transfiguration et le Golgotha, le mont de la Rédemption.

Les liturgies de la Parole de ces dimanches de carême nous aideront à les franchir.

Mais en ce premier dimanche, nous sommes invités à aller au désert avec le Christ, poussés par l’Esprit, pour mener le bon combat spirituel. Tout disciple connaît ce combat, surtout s’il décide de se mettre à la suite de son Seigneur. Il est clair que plus nous nous donnons au Christ, plus nous excitons le diable. C’est pourquoi le mercredi des Cendres, si vous aviez décidé de jeûner, dès dix heures du matin, vous commenciez à avoir faim… alors qu’il y a certains jours, vous sautez un repas et vous ne sentez rien !

Dans le combat spirituel, l’essentiel est de se battre, même si nous sortons usés et parfois vaincus ! Nous entrerons dans le Royaume avec les stigmates de nos combats ! Voilà les vraies médailles !

Alors permettez-moi de vous partager quelques conseils. Tout d’abord, apprendre à se connaître pour mettre en place une stratégie contre le Malin.

 

Un père du désert du IVe siècle aimait rappeler aux jeunes qui venait le voir pour lui demander conseil : « On devient adulte dans la foi quand on a vu ses limites et qu’on les a acceptées ». Oui, quelles sont mes limites, mes fragilités, mes tendances ? Le Malin s’engouffre dans ces brèches ; c’est pourquoi il ne faut pas se fragiliser encore plus !

Ensuite, il nous faut repérer les débuts de la tentation ; et là, il faut être plus rusé que le rusé ! La tentation peut commencer très tôt ! C’est au début de la tentation qu’il faut se battre.

Alors comment ? En commençant par changer de point d’appui. Comme le dit saint Paul, c’est « quand je suis faible que je suis fort ». Connaissant notre faiblesse, nous devons nous appuyer sur le Christ, plus précisément sur la grâce que nous avons reçue au baptême. Comme le dit saint Pierre : « Le baptême nous sauve maintenant », pas demain. Nous oublions la grâce de sainteté que nous portons en nos cœurs. Cette grâce de justification, comme les vertus théologales, sans oublier les dons de l’Esprit Saint, sont des armes puissantes pour lutter contre le péché. Ainsi changer de point d’appui, c’est à la fois faire mémoire de ces dons et fixer nos yeux en Jésus-Christ ; car le Christ, victorieux de tout mal, est avec nous au cœur du combat.

Le Christ au désert a chassé les tentations par la Parole de Dieu. Nous comprenons alors l’importance d’être habité par cette Parole, par la présence du Seigneur en nos cœurs.

Mais il faut bien discerner où se trouve le Malin ! Il se définit par le mensonge en nous faisant croire que le chemin qu’il propose est celui du bonheur ! Le Malin brouille les points de repère, ce qui était mal hier est devenu un bien ; on s’habitue à tout, on ne se bat plus et notre conscience n’est plus à l’écoute du Seigneur, mais à l’écoute des bruits de ce monde. Quel discernement faisons-nous ? Le monde évolue et l’Église n’est pas là pour dire systématiquement non ! Mais elle est là pour nous aider à comprendre les enjeux de telle ou telle loi !

Enfin, il nous arrive aussi d’être surpris par la tentation et parfois, de manière pulsionnelle, on s’engouffre dans le mal et nous tombons. La sainteté n’est-elle pas de tomber et de se relever ? La première lecture nous rappelle l’alliance de Dieu avec son peuple ! Dieu est fidèle face à nos infidélités ; ne l’oublions pas ! Le Père ne peut pas se renier ; il ne se lasse pas de nous relever et de nous donner son pardon.

Frères et sœurs, cette semaine prenez le temps de vous asseoir et d’oser nommer les lieux de conversion. Armez-vous des armes de la foi pour mener le bon combat et surtout faites mémoire de vos victoires, pas pour vous en vanter, mais pour rendre grâce à Dieu.

Et c’est ainsi que par la grâce du discernement dans un monde qui a perdu ses points de repères, vous serez des signes de contradictions.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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