Homélie du dimanche 17 décembre 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

En ce troisième dimanche de l’Avent, l’Église nous invite à contempler la figure de Jean-Baptiste, le prophète qui fait le lien entre l’Ancien Testament et le Nouveau. Nous avons d’abord à imiter son humilité. Il sait depuis le ventre de sa mère, au moment de la visitation, qui est son cousin qui vient réaliser la prophétie d’Isaïe. Le témoin annonce Celui qui doit venir, tout en s’effaçant : « Je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

Jean-Baptiste, comme tout bon prophète, est visionnaire. Son baptême de conversion annonce le baptême inauguré par le Christ au Jourdain.

Pour l’un, c’est un baptême de purification ; pour le Christ, c’est le baptême de re-création. En effet si le Christ a reçu le baptême de Jean, ce n’est pas à cause de ses péchés, c’est parce que l’homme n’était plus capable d’accueillir l’Esprit Saint de manière stable. En ce sens, le Christ refaçonne notre être pour qu’il puisse être divinisé ; qu’il devienne le temple de l’Esprit Saint.

Jean-Baptiste sait que le Christ est le Messie, celui qui va réaliser les promesses de l’Ancien Testament. Rappelez-vous la lecture du passage d’Isaïe que nous venons d’entendre par le Christ lui-même à la synagogue de Nazareth, il achève en disant : « aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

En effet, le Christ a été envoyé dans le monde pour annoncer la Bonne Nouvelle aux humbles. Les humbles, ce sont ceux qui ont un cœur de pauvre, prêts à tout recevoir du Seigneur. L’orgueilleux n’attend rien de Dieu ! Il se suffit ou croit se suffire à lui-même. Le Christ est venu guérir ceux qui ont le cœur brisé ; notre Dieu ne s’est pas isolé dans un septième ciel comme les dieux de l’Olympe !

Ce qui caractérise le Dieu de Jésus-Christ, c’est sa proximité avec les hommes. S’il a envoyé son Fils, ce n’est pas pour nous donner des leçons de morale mais pour nous rejoindre dans nos blessures et nous guérir ; et comment nous guérit-il ? En nous révélant le visage de tendresse de son Père. Noël, n’est-ce pas la tendresse ?

 

Le Christ est venu proclamer aux captifs leur délivrance ; en effet il propose un chemin de délivrance pour retrouver notre liberté intérieure. Je vous rappelle que la source de notre liberté intérieure n’est pas le libre choix, celui de faire ce que je veux et parfois même n’importe quoi ! Non, la source est l’orientation de notre être vers ce pour quoi nous avons été créés.

Même les prisonniers peuvent retrouver cette liberté ! Nous qui sommes parfois prisonniers de notre histoire de péché, le Christ peut délier les chaînes de nos servitudes.

Enfin cette année de bienfaits, ce sont les grâces de l’Incarnation qui nous divinisent car nous avons désormais la vie qui ne meurt plus.

Alors oui, comme Marie, nous pouvons reprendre l’action de grâce d’Isaïe : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. »

La meilleure façon de préparer Noël, n’est-ce pas de retrouver cette joie intérieure et cette action de grâce. Retrouvons l’émerveillement des premiers jours. Comme vient de nous le rappeler saint Paul dans sa première lettre aux Thessaloniciens, « n’éteignons pas l’Esprit et ne méprisons pas les prophéties ». En ce dimanche de la joie, laissez-vous envahir par l’Esprit qui va répandre sa joie rayonnante et contagieuse.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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