Homélie du dimanche 15 octobre 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

Le repas de noces était prêt, mais les invités refusaient d’y aller ; pire, certains invités n’ont pas hésité à tuer les serviteurs qui leur portèrent les invitations.

Comme en écho à la parabole des vignerons homicides entendue la semaine dernière, le peuple élu n’a pas compris que le festin annoncé par le prophète Isaïe se réalisait avec le Christ.

C’est pourquoi, le Roi va chercher d’autres convives aux croisées des chemins. Toutes les Nations sont bien invitées au festin des noces. Et la salle est effectivement bien remplie. Mais l’un des convives n’a pas revêtu le vêtement de noce. Ce convive ne s’est pas montré digne du Roi. Il n’a pas pris le temps de se préparer… Car le vêtement de noce, c’est la robe blanche que nous recevons le jour de notre baptême ; nous avons revêtu le Christ ; nous portons désormais la grâce de sainteté et nous sommes dignes de participer au festin messianique. À chaque Eucharistie, nous participons déjà aux noces : « Heureux les invités au repas du Seigneur ». Mais, même en ayant revêtu le vêtement blanc, qui peut se prétendre digne de recevoir celui qui nous divinise ? D’ailleurs dans la liturgie nous le rappelons : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ». Heureusement le Seigneur dit cette parole de guérison qui nous permet de purifier nos cœurs pour le recevoir.

Cette parabole nous invite alors à nous interroger sur notre façon de recevoir le Corps du Christ. Nous ne pouvons pas banaliser l’Eucharistie. La messe doit être toujours une source d’émerveillement ! Il faut bien articuler l’Eucharistie et la Réconciliation. Même si l’Eucharistie fortifie la charité qui efface les péchés véniels, nous avons besoin régulièrement de la grâce de la miséricorde qui purifie nos cœurs et nous réconcilie avec Dieu, avec nous-mêmes et avec les autres.

Il y a eu une époque où l’on ne communiait qu’une fois par an, après s’être confessé, aujourd’hui tout le monde communie sans savoir si l’on est prêt ? L’Église recommande de communier à chaque messe et si l’on ne se sent pas prêt, on peut demander la bénédiction.

 

Les plus anciens d’entre nous ont connu l’expression “faire ses pâques”… L’expression est belle ! La pâque est notre passage en Dieu. Mais alors pourquoi ne la vivre qu’une fois par an ?

Chaque dimanche nous vivons cette anticipation de la gloire céleste. Après le Notre Père, le prêtre dit : « en attendant la bienheureuse espérance et l’avènement de notre Sauveur Jésus-Christ » et nous demandons : « d’être comblés de la gloire, dans le Royaume de Dieu, tous ensemble et pour l’éternité, quand tu essuieras toute larme de nos yeux ; en Te voyant, Toi notre Dieu, tel que tu es, nous te serons semblables éternellement, et sans fin nous chanterons ta louange, par le Christ Notre Seigneur. »

Vivre de l’Eucharistie, c’est s’offrir au Père par le Christ dans l’Esprit. Entrer dans l’acte d’offrande du Fils à son Père suppose que l’on ait donné sa liberté pour ne plus faire qu’un avec le Seigneur.

Alors l’Eucharistie devient notre pain quotidien et notre force spirituelle qui nous fait avancer vers le Royaume.

« Je peux tout en celui qui me donne la force » dit saint Paul dans sa lettre aux Philippiens.

Notre force, c’est la communion qui accroit notre union au Christ, qui nous sépare du péché, qui nous en préserve et qui nous engage envers les pauvres.

Admirable échange, où ma pauvreté devient richesse. Comme le disait le Curé d’Ars, « si on comprenait l’Eucharistie, on en mourrait d’amour » et j’ajouterai bien aujourd’hui, on prendrait le temps de s’y préparer.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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