Homélie du dimanche 15 avril 2018
publié le 02/05/2018 dans Non classé

N’est-ce pas notre première demande au Seigneur : « Ouvre nos intelligences à la compréhension des Écritures. »  C’est ce que faisait le grand Origène, un Père de l’Église du IIIè siècle ; lorsque le passage de l’Écriture était difficile, il s’arrêtait au cours de son homélie et invitait les fidèles à prier l’Esprit Saint… puis l’homélie reprenait ! N’ayez crainte, je ne vais pas le faire… car sa prédication durait facilement ¾ d’heure à une heure !

Quel est le cœur de l’Écriture ? Le mystère Pascal ! Nous n’aurons jamais fini d’approfondir ce mystère : un Dieu qui souffre, un Dieu crucifié, un Dieu ressuscité. Ce n’est pas si simple ! La souffrance qui crée un changement dans l’être et pourtant Dieu ne connait pas de changement ! Un Dieu qui meurt, alors qu’il est immortel ! Un Dieu qui ressuscite et qui aujourd’hui est assis à la droite du Père avec son Corps de gloire qui n’ajoute rien à la Trinité Sainte !

Il y a naturellement le travail théologique ; mais il y a aussi l’intelligence du cœur ! Quelle expérience spirituelle pour entrer dans ce mystère ?

Il s’agit de ma relation à Dieu, de mon engagement dans son dessein d’amour, de ma confiance et de mon abandon.

Mais commençons par le début : ai-je vraiment besoin d’être sauvé ? Ou est-ce que je me suffis à moi-même ? Et sauvé de quoi ? De mon péché, de mes blessures, de ma fragilité… ?

Il faut vraiment être pris par notre orgueil, pour ne pas voir que l’homme a besoin de salut ! Cet aveuglement spirituel qui conduit à cette fermeture à l’amour de Dieu. Demandons alors la grâce de l’humilité pour accepter de dépendre de Celui qui est la source de vie. L’humilité me permet de discerner le vrai visage de Dieu à travers son Fils. En effet, si nous confessons un Messie crucifié, c’est parce que le Dieu Tout-Puissant, trois fois Saints, a assumé notre condition humaine pour nous rejoindre dans nos blessures et les guérir. Et le Christ en mourrant sur une Croix nous a rejoint dans notre mort, conséquence du péché. En s’offrant à son Père sur la Croix, la mort est devenue consécration, acte d’offrande au Père et non retour au néant !

Si nous confessons un Messie Ressuscité, c’est parce que c’est la victoire de la vie sur la mort, la victoire de l’amour sur la haine… et pas seulement dans le monde, mais déjà en nous.

 

 

N’est-ce pas le fruit de la foi ? Le Christ nous convertit chaque jour pour que nous vivions plus profondément cette victoire. Que le Credo ne soit pas une suite de belles idées, mais qu’il transforme nos vies.

« Celui qui dit : je le connais, et qui ne garde pas ses commandements est un menteur ». Il nous faut retrouver la cohérence de nos vies. Si nous mettons nos pas dans ceux du Christ, nous devons demeurer dans la vérité et la laisser transparaître. Nous serons troujours des signes de contradiction et nous avons à redire à temps et à contretemps la splendeur de la vérité qui jaillit de la Parole du Seigneur.

Oui Seigneur, ouvre nos intelligences à ta Parole car « en celui qui garde ta Parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection ».

L’amour transfigure ! Le Christ nous exhorte à être les témoins du mystère Pascal ! Alors soyons ces témoins transfigurés dont notre monde a tant besoin.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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