Homélie du dimanche 14 janvier 2018
publié le 15/02/2018 dans Non classé

La liturgie de la Parole de ce dimanche nous invite à réfléchir sur l’appel fondamental, celui de la sainteté.

Tout d’abord l’appel que le Seigneur adresse au jeune Samuel ; j’aime la prudence du prêtre Élie et la sagesse de Samuel. Ce n’est pas tous les jours que le Seigneur appelle aussi directement ! Le prêtre Élie est là pour accompagner le jeune, tout comme dans une direction spirituelle, le prêtre est là pour discerner l’appel et vérifier les signes que le Seigneur peut faire dans une vie. Mais il lui explique que pour entendre le Seigneur, il y a une attitude spirituelle à avoir. Ce n’est pas dans le bruit avec un esprit encombré par les soucis du monde que nous sommes à l’écoute ! D’ailleurs que de fois ai-je entendu : « je n’entends rien ». Certes, nous n’entendons pas des voix ! Nous ne sommes pas sainte Jeanne d’Arc ! Mais cette voix que nous entendons est toute intérieure. « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». Il s’agit tout d’abord d’être non seulement à l’écoute, mais dans une attitude d’obéissance. Samuel est prêt à obéir, tout comme la Vierge Marie fut attentive au message de l’Ange et a répondu “Fiat” « Je suis la servante du Seigneur qu’il me soit fait selon ta Parole. »

À nous de faire nôtre la prière du psalmiste : « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté. » Certains veulent bien faire la volonté de Dieu, mais ils commencent par lui présenter la leur. Il est difficile de négocier avec le Seigneur. Il nous faut plutôt adopter la prière du bienheureux Charles de Foucauld : « Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. »

Dans l’évangile, le Christ interroge les deux disciples qui le suivent : « Que cherchez vous ? » Quel est ton désir ? Où demeures-tu ? « Venez et vous verrez ». Voilà ce que le Christ attend de chacun d’entre nous, se mettre à sa suite pour découvrir le lieu où il habite. Dans l’évangile le Christ ne donne pas l’adresse, tout simplement parce qu’il n’a pas de lieu où reposer sa tête et finalement sa vraie demeure est le Cœur de son Père, le Royaume, là où nous sommes attendus.

Enfin, il faut se laisser regarder « Jésus posa son regard sur Simon ». Ce regard, Pierre le retrouvera après son reniement.

 

Regard d’amour, regard qui pardonne, regard qui reconstruit. Ce n’est pas un regard de jugement, mais un regard qui invite à la liberté. Rappelez-vous la rencontre avec le jeune homme riche ; le Christ le regarde en l’appelant. La réponse doit être libre. Et si nous disons oui au Seigneur, nous sommes transformés. « Tu t’appelleras Kephas.» Désormais la vie apostolique fait partie de son être. Il a été choisi pour être avec le Christ.

Saint Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, nous exhorte à fuir la débauche, parce que le corps est le sanctuaire de l’Esprit Saint. On ne peut pas séparer le corps de l’âme. Nous rendons gloire à Dieu dans nos corps, c’est pourquoi le corps est le lieu de la transfiguration. Il est bon d’entendre cela dans un monde qui instrumentalise le corps et qui encourage l’impureté ! Celui qui a un cœur pur est à l’écoute et voit avec les yeux du cœur. Croyez-moi, dans le discernement, il faut cela et de l’audace pour oser dire oui à l’aventure apostolique, celle de la sainteté.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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