Homélie du dimanche 13 aout 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

Ce dimanche est celui de la confiance, confiance en Dieu et ainsi confiance en soi-même. Pourquoi avons-nous tant de mal à faire confiance au Seigneur ? Parce qu’on ne se laisse pas surprendre par lui.

Le prophète Élie se prépare à voir le Seigneur passer. Une des plus belles expériences mystiques ! Même s’il le verra, le visage couvert, car voir Dieu, c’est mourir ! Rappelez-vous Moïse qui demande à voir Yahvé et ce dernier de lui dire : « si tu me vois, tu connaîtras la mort, mais parce que je suis bon, je vais passer devant toi et tu me verras de dos ! »  Ce qui n’est déjà pas mal !

Élie à la fois imagine que ce passage de Dieu doit être spectaculaire et en même temps une révélation de ce qu’il est. Élie se couvre le visage au moment de la brise légère ! Dieu n’est pas toujours dans l’extraordinaire, il est même souvent dans l’ordinaire de nos vies.

Ainsi dans votre prière, n’attendez pas d’entendre des voix ou d’avoir des visions, encore moins des stigmates, il suffit d’être là en sa présence ; de descendre au fond de vos cœurs et d’y demeurer puisque c’est le lieu privilégié de la présence de Dieu.

Ainsi, il nous faut faire confiance en cette présence souvent silencieuse, mais qui nous accompagne, même lorsque nous traversons les ravins de la mort, pour reprendre le psaume 22, celui du bon Berger.

Dans l’évangile, c’est Pierre qui manque de confiance. Il en prend conscience lorsqu’il s’enfonce dans l’eau alors que le Christ est à côté de lui ! Dans les épreuves, lorsque nous avons l’impression de couler, voilà que le Christ veut nous dire : « confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur ! » Il ne dit pas : n’ayez pas peur, mais n’ayez plus peur ! La peur est normale face au danger. Et aujourd’hui, il y a de quoi avoir peur ! Mais que me donne la présence du Christ à mes côtés ? Une assurance que je ne serai pas abandonné, la foi me permet de prendre du recul sur les événements que nous vivons. Il ne s’agit pas de fermer les yeux et de dire que tout va bien !

 

 

La méthode Coué ne marche pas, ou alors on s’enferme dans une grotte en attendant que l’orage passe !

Le Christ nous demande non seulement la confiance, mais aussi un acte de foi. « Vraiment, tu es le Fils de Dieu. » C’est alors l’abandon à la Providence divine ; nous lâchons prise et nous laissons agir le Seigneur. Facile à dire, pas toujours facile à faire parce que nous comptons trop sur nos forces, alors que nous sommes tous fragiles, car limités. C’est l’occasion alors de renouveler notre foi.

C’est cette foi que Paul voulait partager avec ses frères juifs qui n’ont pas reconnu Jésus comme Christ et Seigneur. Saint Paul redit bien que Dieu n’a rien enlevé de son élection, Israël sera toujours le peuple élu et de nous dire ce que sont les fruits de l’élection : l’adoption, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses de Dieu, les Patriarches et il termine en citant le Christ qui est né juif.

Paul, l’apôtre des Nations, a bien compris qu’avec le Christ, tous les peuples profiteront du Salut et pas seulement Israël. Souffrance d’autant plus forte pour lui, parce que sa mission est de parcourir ce monde méditerranéen pour annoncer cette Bonne Nouvelle. Il n’est plus reçu en sa terre d’élection ! Oui, quel grand mystère ! Depuis deux mille ans, la Parole de Dieu s’est tue ! Le peuple juif ne peut donc plus relire son histoire en l’absence de prophètes ; le peuple juif attend un nouveau Temple ! Mais ceux qui connaissent Jérusalem savent bien que c’est impossible ; ils prient devant le mur qui n’est même pas celui de l’Ancien Temple ! Mais Dieu n’a rien retiré de ses promesses et notre espérance à tous, c’est que les deux parallèles, le judaïsme et le christianisme arrivent un jour à se croiser en reconnaissant que le Christ est l’unique Messie, Médiateur entre Dieu et les hommes.

« Fais-nous voir, Seigneur, ton amour

Et donne-nous ton Salut. » (Ps 84, 8)

 

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Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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