Homélie du dimanche 9 juillet 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Commençons alors par demander au Seigneur cette grâce d’être tout-petits ! Mais il s’agit aussi d’un chemin de conversion. Aux yeux du Christ, qui sont les sages et les savants ? Ce sont certes les scribes et les pharisiens, ces docteurs de la loi qui en donnent une interprétation étriquée et qui enferment la liberté spirituelle. Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens écrit : « Où est-il le sage ? Où est-il le scribe ? Où est-il le raisonneur d’ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle ? » (1 Co, 1,20)

Oui, les sages n’ont pas reconnu la vraie sagesse, c’est-à-dire le dessein d’amour du Père. Quant aux savants, à l’inverse des Mages qui ont adoré l’Enfant-Dieu, ils sont encombrés par leur intelligence ; ils sont incapables d’articuler foi et raison. La conversion demandée n’est pas si simple ! Nous voulons d’abord comprendre avant de croire ; pour saint Augustin, un des génies du christianisme, il lui a fallu de nombreuses années avant de désarmer et de saisir que pour entrer dans le mystère, il faut d’abord poser un acte de foi afin d’entrer dans la compréhension plus profonde du mystère. Oui à l’intelligence de la foi ; oui à l’intelligence du cœur ! Nos Pères dans la foi commençaient par contempler le mystère, souvent au cours de la liturgie, et transmettaient le fruit de ce qu’ils percevaient. La théologie est la contemplation en acte ! Il faut beaucoup d’humilité et accepter de n’être que des serviteurs de la Parole de Dieu.

Le Christ nous montre ensuite le chemin pour connaître le dessein de son Père : « Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connait le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » Nous sommes au cœur de la mission du Fils ; il est venu non seulement pour les pécheurs et les malades, en les guérissant par le don de sa vie sur la Croix, mais il est venu aussi pour nous révéler son Père. Cette connaissance est source de salut : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi et celui que tu as envoyé. »

 

 

Cette connaissance n’est pas de l’ordre du savoir, mais un chemin qui nous conduit dans le royaume du Père : « là où je suis, vous y serez vous aussi. » Il s’agit de mourir à soi-même pour mieux vivre avec le Christ ; se laisser saisir par le Christ et entrer dans son intimité avec son Père. Les œuvres, les miracles, les paroles du Christ révèlent l’agir de son Père. C’est ainsi que nous pouvons contempler la tendresse du Père, sa proximité avec les pécheurs, les blessés, jeunes ou moins jeunes, riches ou pauvres ! Nous voyons aussi son immense miséricorde et sa patience.

Toute notre vie spirituelle est tendue par le désir de la vision du Père. Et le Fils nous révèle déjà le visage du Père. Nous voyons Dieu à travers la filiation, avant de le voir à travers la paternité.

« Qui m’a vu a vu le Père. »

Moïse n’a pas pu voir le Père face à face ; la grâce du Christ me permet de voir le Père et cette vision est source de bonheur et d’immortalité.

Dès maintenant, j’entre dans cette contemplation qui me prépare à la vision béatifique : « Je le verrai tel qu’il est, et je lui serai semblable ».

Comme le rappelle saint Paul aux Romains : « vous êtes sous l’emprise de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. »

Nous sommes progressivement divinisés en tuant les agissements de l’homme pécheur. Le Christ appelle ceux qui sont accablés par leur péché, pour qu’ils empruntent ce chemin de sainteté : humilité, douceur, repos, abandon et confiance.

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. »

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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