Homélie du dimanche 12 novembre 2017
publié le 15/02/2018 dans Non classé

Avons-nous fait le plein d’huile, car nous ne savons ni le jour ni l’heure de la rencontre avec le Seigneur, non seulement à notre mort, mais aussi au jour de la parousie lorsque le Christ reviendra en gloire ?

Mais comment faire le plein ? La première lecture nous éclaire. La Sagesse est non seulement la Parole de Dieu, mais aussi le Christ, sans oublier l’Esprit de discernement.

Comment vivre de la Sagesse ? Il nous faut d’abord l’aimer et la chercher : « Mon âme a soif de toi ; je te cherche dès l’aube ; je t’ai contemplé au sanctuaire », chante le psalmiste. La première attitude spirituelle est celle du désir. Dans notre société de consommation, nous sommes tellement sollicités par des désirs artificiels, fugitifs. Nous allons de désir en désir ! Mais le désir de la Sagesse est tout autre ; il ne peut que grandir jusqu’à la rencontre avec le Seigneur. La Sagesse nous accompagne à travers notre lecture quotidienne de la Parole de Dieu ; mais nous pouvons la trouver « assise à notre porte ». Tel ou tel signe peut nous aider à discerner ; telle rencontre avec un témoin illuminé peut nous éclairer : « elle nous apparaît avec un visage souriant », car la Sagesse peut aussi avoir de l’humour !

Nous remplissons aussi nos lampes par les sacrements, notamment l’Eucharistie et la Réconciliation. Comment ne pas évoquer la prière ; certains sont persuadés qu’il faut faire le vide pour savoir prier. Ils se creusent alors des citernes bien profondes, ils tombent au fond et le résultat est le plus souvent un mal-être, voire même une déprime ! Non, pendants la prière, nous devons faire le plein, le plein de la Parole de Dieu, le plein de l’Amour de Dieu, le plein de charité.

Enfin nous remplissons nos lampes par la charité. Plus je me donne à l’autre, plus je remplis ma lampe ; le moi envahissant se déplace et laisse place au Seigneur ; et c’est alors la rencontre spirituelle, la plus belle expérience, de sentir que le Seigneur m’habite et qu’il est un moi plus profond que moi-même.

 

 

Point n’est besoin d’attendre notre mort pour découvrir la présence du Seigneur dans nos vies ! Mais il est sûr que le jour de notre mort sera la rencontre qui récapitulera toutes les rencontres. C’est pourquoi la mort ne doit pas être source d’angoisses, mais bien plutôt la joie de la rencontre. Saint Paul dans sa première lettre aux Thessaloniciens ravive notre espérance. « Nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus les emmènera avec lui ». Saint Paul parle de la mort comme un sommeil pour souligner que la mort est une pâque, c’est-à-dire un passage de la vie à la vie qui n’aura plus de fin.

Mais où le Christ nous emmène-t-il ? Tout simplement là où il est, dans le Royaume, dans le cœur de son Père. « Je veux que là où je suis, vous soyez vous aussi. »

Et si le Christ revient tout à l’heure ! Tout d’abord, nous ne savons pas l’heure ! Même le Fils de l’homme ne la connaît pas ; seul le Père la connaît, car il est la source et le Maître de son dessein d’Amour. C’est lui qui saura quand son Fils aura tout récapitulé. Donc point n’est besoin d’écouter les prévisionnistes ; ils sont là pour faire peur ! Saint Paul, lui, nous invite à l’espérance ! Dès que nous entendrons la voix de l’Archange et la trompette divine, alors ce sera le moment. Nos morts ressusciteront et nous les vivants, nous serons emportés sur les nuées du ciel et c’est alors que nous serons pour toujours avec le Seigneur. Nous avons été créés pour être avec lui dans son amour.

La mort est une consécration qui n’est plus un châtiment, mais une plénitude ; Nous verrons le Père face à face et nous lui serons semblables.

Voilà ce qu’il faut partager avec ceux qui n’ont pas d’espérance.

Comme Paul qui attendait avec impatience ce retour vers le Père, mais qui savait que sa mission était encore sur terre ; nous aussi nous avons ce désir de la rencontre finale, mais la mort ne nous appartient pas. Le Seigneur a décidé que nous soyons encore sur cette terre en pèlerins, alors, ne perdons pas de temps et continuons de remplir nos lampes.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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