Homélie du dimanche 3 septembre
publié le 03/10/2017 dans Actualité

« Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Ne faut-il pas situer notre combat spirituel sur ce point, car si nos pensées étaient toujours celles de Dieu, nous serions toujours vainqueurs dans notre combat. C’est la mondanité qui nous fait tomber ! Car ses valeurs ne sont pas celles de Dieu.

Ainsi Pierre n’a pas compris que pour se mettre à la suite du Christ, il fallait renoncer à soi-même et porter sa croix. Il est sûr que le monde a du mal à accueillir une telle parole. Dans notre monde, on nous invite plutôt à la compétition, quitte à écraser les autres et à entretenir notre orgueil qui n’en a pas besoin !

Dans un monde du profit, comme il est difficile d’entendre : « Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? »

La liturgie de la Parole nous invite alors à retrouver les vraies valeurs de l’Évangile ainsi que les attitudes spirituelles demandées par le Christ à ses disciples.

Il s’agit de faire la volonté du Père ; ainsi la première attitude est celle de l’humilité et de l’obéissance, non d’une obéissance servile, mais d’une obéissance d’amour.

Pour faire la volonté du Père, il nous faut, comme le Christ, être à l’écoute du Père, à travers la prière, la Parole de Dieu, les événements qui s’imposent à nous. Il nous faut ensuite discerner à travers ce que nous entendons, ce que nous vivons, la volonté du Père qui est un appel au bonheur ; non pas un bonheur artificiel, mais celui qui procure une joie profonde, celle du Cœur de Dieu.

Ce bonheur est dans l’offrande et la louange puisque nous avons été créés pour cela : « Je vous exhorte, par la tendresse de Dieu – à présenter à Dieu votre personne tout entière -, un sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu. »

C’est la source de notre liberté ! Là encore, un paradoxe ! Pour nos contemporains, rendre un tel culte nous rend esclave de Dieu, alors que le Seigneur est venu libérer notre liberté. En nous offrant à Dieu, nous exerçons notre sacerdoce baptismal. Devenir vivante offrande à la louange de Dieu le Père ne peut se vivre que dans l’Eucharistie, puisque le Christ nous saisit dans son acte eucharistique.

 

C’est ainsi que nous recevons les grâces pour vivre les valeurs de l’Évangile. « Tu m’as séduit et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi » comme le prophète Jérémie, nous nous sommes laissés séduire. Faisons mémoire de ces rencontres avec le Christ où nous avons désarmé et où nous nous sommes livrés à lui.

Comme il n’est pas facile de témoigner de notre attachement au Christ : « À longueur de journée, je suis exposé à la raillerie, toute le monde se moque de moi », comme en écho à la dernière béatitude : « Bienheureux serez-vous si l’on vous insulte à cause de moi. »

Le disciple sera toujours signe de contradiction, car la Parole illumine les ténèbres et met dans la vérité de notre être.

Les insultes nous ramènent alors à l’Évangile que nous venons d’entendre ; celui qui est disciple doit prendre sa croix pour se mettre à la suite du Christ.

Prendre sa croix, c’est apprendre à aimer et découvrir qu’aimer, c’est tout donner et se donner soi-même.

Nos adversaires se moqueront de nous… Mais il y aura un moment où ils désarmeront, car là où la haine abonde, l’amour surabonde.

Que le Seigneur nous donne la grâce de la fidélité et la force pour témoigner que c’est l’amour qui sauvera le monde.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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