Homélie du dimanche 20 aout
publié le 03/10/2017 dans Actualité

Serons-nous tous sauvés ? Cette question, nous la portons tous dans nos cœurs. Depuis le Christ jusqu’à nos jours, la question centrale est bien le Salut et non le péché !

Certains pensent que “tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil, tout le monde, il est sauvé” ; mais alors qu’en est-il de notre liberté face au Salut ? Non, le Salut n’est pas automatique, car Dieu nous respecte jusque-là.

Certains imaginent le paradis, le purgatoire et l’enfer et ils n’hésitent pas à y mettre d’un côté ceux qu’ils aiment et à l’autre bout ceux qu’ils détestent… Mais ils ne sont pas Dieu ! N’allons pas régler les problèmes de Dieu, nous en avons déjà assez !

Serons-nous tous sauvés ? C’est là notre espérance, car il n’y a aucune vengeance dans le cœur de Dieu. Vous ne pouvez pas me dire : « là-haut, je vais payer ! » Car tout est gratuit, c’est-à-dire tout est grâce.

Le Christ dans la rencontre avec Nicodème est clair : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au jugement. » (Jn, 3, 17-18). Ainsi Dieu ne veut pas de jugement et s’il y a jugement, c’est le fait de l’homme qui force Dieu à le juger. Certes, il y a bien le jugement dernier où s’exercera la justice distributive ; mais si notre cœur a beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur et c’est ainsi que la justice distributive sera englobée dans la justice salvatrice. Ce fut la grande révolution spirituelle faite par la petite Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Sommes-nous tous sauvés ? Tout dépend de nous, de notre liberté intérieure ! La Cananéenne est sauvée grâce à son acte de foi. « Alors, Seigneur, augmente en nous la foi ». C’est la foi qui nous sauve, mais elle nous engage : je crois ! Je ne peux pas me contenter de dire je crois, si rien ne change dans ma vie. La foi sans les œuvres est une foi qui n’agit pas et qui est vouée à s’endormir, voire à mourir !

 

« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mise à l’épreuve pour vérifier le désir de cette femme. En effet le Christ est venu non seulement pour les brebis d’Israël, mais aussi pour toutes les nations. Voilà la nouveauté annoncée et réalisée. Tout homme sans exception peut être sauvé. Dieu n’enlève rien au peuple élu, appelé lui aussi à être sauvé : « Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l’écart, qu’arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts ! » vient de nous dire saint Paul dans sa lettre aux Romains. Là encore, le Seigneur attend cet acte de foi qui sera le fruit de notre liberté ; nous avons été créés pour vivre en présence de Dieu ; telle est ma vocation, ce pour quoi j’ai été créé ! Voilà la source qui se trouve en nos cœurs : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! » Ce cri de la Cananéenne est aussi notre cri ; nous nous tournons vers le Christ, parce que nous croyons que lui seul peut nous sauver.

Ensuite, il s’agit de se prosterner : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il ne faut pas hésiter à exprimer notre demande, à montrer notre blessure, notre fragilité. Cette prosternation est le signe de notre adoration.

Il ne faut pas abandonner ; le Seigneur finit par entendre.

Et c’est alors le don de la foi. C’est bien le Christ qui fait ce don, mais la Cananéenne a su l’accueillir.

C’est la démarche que nous sommes appelés à faire pour raviver le don de la foi. C’est ainsi que nous serons conduits à la montagne sainte, comme le dit le prophète Isaïe, dans des commencements qui n’auront pas de fin, avant le face à face avec le Père où la foi et l’espérance disparaîtront, mais la charité continuera à grandir.

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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