Homélie du dimanche 1er octobre
publié le 03/10/2017 dans Actualité

Vous l’avez bien compris, le Christ ne nous encourage pas à être des pécheurs ! D’ailleurs a-t-il besoin de nous encourager ? Non ; il nous encourage à nous convertir.

La liturgie de la Parole nous montre des lieux de conversion possible. Dans le livre du prophète Ézéchiel : « Si le juste se détourne de sa justice ». Cette justice, c’est la grâce de sainteté reçue à notre baptême. Si nous nous détournons de cet appel à la sainteté, en commettant le mal, en nous détournant de la charité, nous nous éloignons de la conduite du Seigneur qui est bonne. Or quelle est-elle cette conduite ? Elle est développée dans l’hymne aux Philippiens. « Le Christ, ayant la condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ». Nous le savons bien, l’orgueil et l’égoïsme demeurent des tendances qui sont les conséquences du péché des origines.

Pour progresser dans l’humilité, il faut nous mettre à l’école du Christ en nous mettant dans la logique du don. Il ne s’agit pas de renoncer à des responsabilités, mais à les vivre comme un service. Celui qui est humble reconnaît l’action de Dieu dans sa vie. Il ne naturalise pas le surnaturel ; ainsi sa prière est le plus souvent une louange et une action de grâce. Alors chaque soir, dans notre prière, il faut relever ce qu’a fait le Seigneur dans notre journée et ne pas hésiter à dire merci.

On progresse aussi dans l’humilité en vivant l’obéissance : « Le Christ est devenu obéissant jusqu’à la mort ». Sa vie n’est qu’obéissance au Père. Sa nourriture fut de faire la volonté de son Père. À nous aussi d’entrer dans l’obéissance du Fils, en écoutant non seulement la Parole de Dieu, mais en la mettant en pratique.

L’autre tendance est l’égoïsme, car notre moi peut devenir envahissant. Alors comment se décentrer ? Tout d’abord par la prière qui désencombre nos cœurs pour y découvrir un moi plus profond que moi-même ; ensuite par l’exercice de la charité qui est un renoncement et une dépossession de soi pour se donner à son prochain. Il nous faut retrouver cet équilibre entre le pour soi et pour autrui ; il en va de notre liberté intérieure. L’égoïste est esclave de sa personne et n’est plus capable de voir l’autre ; il s’agit alors de convertir notre regard sur notre prochain : s’encourager avec amour, être en communion dans l’Esprit, avoir de la tendresse et de la compassion nous redit saint Paul.

Voilà un bel examen de conscience. Que d’intrigants et de vaniteux, même dans l’Église ! Le Pape dénonce le carriérisme des clercs ! « Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs… Ne soyez pas préoccupés uniquement de vos propres intérêts, pensez aussi à ceux des autres. » À nous de nous interroger pour pointer le lieu de conversion demandé par le Christ en ce dimanche.

Mais attention de ne pas être comme le fils qui dit : oui Seigneur et qui ne va pas à la vigne ! La conversion est une succession d’actes ; transformer mon âme ne se fait pas en un jour ! C’est bien plutôt l’œuvre de chaque jour, aidé par la miséricorde divine. N’allons surtout pas nous décourager. Le volontarisme ne marche pas, encore moins la méthode Coué ! Cela ne créé qu’une tension intérieure ; il faut plutôt nommer ses limites et s’appuyer sur la grâce. Quand on connaît sa misère, on fait appel à la miséricorde qui donne les moyens de la conversion ; non seulement dans le sacrement de pénitence, nous sommes pardonnés, mais nous recevons cette grâce qui nous aide à nous convertir.

N’oublions pas que Dieu ne se lasse pas de nous pardonner et de guérir nos blessures.

N’oublions pas, comme le dit le pape François, que « Le Seigneur nous aime avec tendresse. Le Seigneur connaît cette belle science de la caresse. Dieu ne nous aime pas en paroles ; il s’approche… Il est plus difficile de se laisser aimer par Dieu que de l’aimer. Voilà quelle est la manière de lui redonner tant d’amour : ouvrir notre cœur et se laisser aimer… le sentir proche, le laisser être tendre et nous caresser. »

Voilà la spiritualité de la petite Thérèse ! En ce jour de sa fête, il fallait l’évoquer, elle qui est docteur de l’amour miséricordieux.

 

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Le recteur-archiprêtre

Né le 11 octobre 1951, Patrick CHAUVET est ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1980 par le cardinal François MARTY. Professeur de français, latin et grec de 1972 à 1975 à l’institution Sainte-Croix de Neuilly, ou il devient aumônier après son ordination.Il est nommé en septembre 1984 directeur du Séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Professeur […]

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