Cathédrale d’art et d’histoire

Le Portail du Jugement

Le Portail du Jugement est le portail central de la façade occidentale, installé dans les années 1220-1230, peu après les deux autres portails de la façade. Il représente le Jugement Dernier tel qu’il est écrit dans l’Evangile de Saint Matthieu.

Au linteau* inférieur, les morts ressuscitent et sortent de leur tombe. Juste au-dessus, au linteau supérieur, l’archange Michel pèse leur âme et, suivant la vie qu’ils ont menée sur la terre et l’amour qu’ils ont manifesté envers Dieu et les hommes, les élus sont conduits à gauche vers le Paradis (à la droite du Christ) tandis que les damnés sont menés par un diable vers l’enfer à droite.

Cependant le Christ au tympan*, majestueusement assis sur son trône de gloire, rappelle qu’il est venu sur terre pour sauver l’humanité, par son sacrifice sur la Croix. Il montre les plaies de ses mains et de son flanc tandis que les deux anges qui l’entourent portent respectueusement les instruments de la Passion : celui de gauche la lance et les clous de la Croix, celui de droite la Croix elle-même. Jésus nous demande ainsi de lui faire confiance et nous indique qu’alors tout deviendra possible pour nous, avec son soutien et l’aide de tous les saints qui intercèdent pour nous, en premier lieu Marie et Jean l’Evangéliste placés ici comme au pied de la Croix le jour de sa Crucifixion, Marie à sa droite et Jean à sa gauche.

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© NDP

Au-dessus, comme dans les autres portails, les voussures* sont occupées par la cour céleste (anges, patriarches, prophètes, docteurs de l’Eglise, martyrs et vierges) et l’on peut remarquer la place très réduite prise sur l’enfer tout à fait à droite. Il ne fait donc pas désespérer mais garder sa lampe allumée comme celle des vierges sages figurant au piédroit* gauche (du côté du Paradis), alors qu’au piédroit opposé, les vierges folles n’ont plus d’huile dans leur lampe à l’arrivée de l’Epoux.

Ce Portail a subi deux modifications importantes au XVIIIe siècle. Tout d’abord en 1771 où l’architecte Germain Soufflot [1] supprima le trumeau et la partie centrale des deux linteaux à la demande le l’Archevêque et du Chapitre, il fallait en effet faciliter le passage du dais sous lequel était présenté le Saint Sacrement lors des processions. Le vide réalisé fut remplacé par une arcade en bois ornée du chiffre de Marie rehaussé d’une couronne portée par deux anges. Les lourds vantaux de XIIIe siècle furent remplacés par deux portes où furent sculptés sur l’une le Christ portant sa croix et sur l’autre une Vierge douloureuse.

Autre avatar en 1792, les révolutionnaires détruisirent, comme aux autres portails de la cathédrale, les grandes statues des ébrasements. Lors de la grande campagne de restauration à la moitié du XIXe siècle, Viollet-le-Duc rétablira l’état d’origine du portail en faisant refaire, de même que les effigies des vierges sages et les vierges folles, le trumeau* et les statues des douze apôtres placées aux ébrasements. On reconnaît successivement :
- à gauche, Barthélemy, Simon, Jacques le Mineur, André, Jean et Pierre
- au trumeau, le Christ enseignant, placé sur un socle où sont sculptés les arts libéraux
- à droite, Paul, Jacques le Majeur, Thomas, Philippe, Jude et Matthieu

Au pied des douze apôtres, des médaillons représentant les vertus et les vices qui leur sont opposés, thématique reprise dans la Rose ouest.

 

 

 

 

 

Le Portail du Jugement
Cliquez sur la photo ci-dessus pour naviguer dans le panoramique. © Andrew TALLON

[1] Celui qui édifia l’église Sainte-Geneviève à Paris, actuel Panthéon.

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