Obsèques de Monseigneur Paul GUIBERTEAU

Mercredi 4 août 2010 à 10H30

Monseigneur Paul GUIBERTEAU, Chanoine et Chapelain de la cathédrale Notre-Dame de Paris est retourné vers le Père le vendredi 30 juillet 2010 en fin d’après-midi en la 64ème année de son sacerdoce.

Comme il est d’usage pour les Archevêques de Paris et les Chanoines de la cathédrale, le samedi 31 juillet 2010 à 11H00, 86 coups ont sonné sur le grand Bourdon Emmanuel, hommage et action de grâce pour les 86 années passées en ce monde par Monseigneur GUIBERTEAU.

Ses obsèques ont eu lieu à la cathédrale le mercredi 4 août 2010 à 10H30, présidées Monseigneur Jérôme BEAU, évêque auxiliaire de Paris, en présence de Monseigneur Jean-Paul JAMES, évêque de Nantes, en la fête de Saint Jean-Marie VIANNEY, curé d’Ars, patron de tous les prêtres. Concélébraient aussi Monseigneur Jean-Yves NAHMIAS, évêque auxiliaire de Paris, Monseigneur Georges SOUBRIER, ancien évêque auxiliaire de Paris et évêque émérite de Nantes, Jean-Yves RIOCREUX, évêque de Pontoise, ancien recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris, Monseigneur Patrick JACQUIN, recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris, le doyen et les chanoines du Chapitre cathédral, ainsi qu’une soixantaine de prêtres, en présence de représentants de la société civile et des fidèles, tous venus rendre un dernier hommage à Monseigneur GUIBERTEAU.
Cette célébration fut retransmise en direct par KTO, Télévision Catholique.

L’inhumation eut lieu le même jour, dans l’intimité familiale, dans l’ancien cimetière Saint-Martin à Nantes.

 

Né à Nantes le 14 juillet 1924, Paul GUIBERTEAU fut élève à l’école Saint-Stanislas et au grand séminaire de cette même ville avant d’obtenir une licence de philosophie à l’Institut catholique de Paris et à la Sorbonne. Il sera ordonné prêtre à Nantes le 28 juin 1947.
Il effectuera une carrière enseignante à Saint-Stanislas à Nantes : d’abord comme professeur de français, latin et grec (de 1949 à 1951), puis comme professeur de philosophie (de 1951 à 1959) et enfin comme directeur de l’établissement (de 1959 à 1967).
De 1967 à 1981, il exercera les fonctions de directeur diocésain de l’enseignement catholique du diocèse de Nantes.
De 1981 à 1986, il sera secrétaire général de l’enseignement catholique. Il jouera notamment un rôle de premier plan dans le mouvement de l’Ecole libre de 1984. Avec compétence et détermination, il défendra la liberté d’enseignement dans un contexte particulièrement difficile. Beaucoup lui sont redevables de ce service courageux d’une éducation insérée dans la société et éclairée des valeurs chrétiennes.
Il sera ensuite recteur de l’Institut catholique de Paris de 1986 à 1992, avant d’être nommé curé de la paroisse parisienne Saint-Germain-des-Prés et Responsable de la Mission étudiante en 1992 puis, en 1996, chapelain à Notre-Dame de Paris
Son nom restera dans l’histoire de la Nouvelle-Calédonie comme celui d’un membre de la "Mission du Dialogue", avec M. Christian Blanc, chef de la mission, et Messieurs Leray, Pierre Steinmetz, Jean-Claude Périer et le Pasteur Jacques Stewart, mission qui réussira à ouvrir la voie aux accords de Matignon en 1988 qui évitèrent que la Nouvelle-Calédonie ne sombre dans la guerre civile.
Chanoine titulaire émérite du Chapitre de Notre-Dame de Paris, Chanoine honoraire de la cathédrale de Nantes, prélat d’honneur, il était juge au tribunal de première instance d’Île-de-France.

Monseigneur Paul GUIBERTEAU était Officier de la Légion d’Honneur et Officier des Palmes Académiques.

 

Décès d’un fervent défenseur de l’enseignement catholique

Article de Céline HOYEAU paru dans le journal La Croix du 2 août 2010 :

Mgr Paul Guiberteau est décédé vendredi 30 juillet à 86 ans, quelques jours avant de prendre sa retraite

Comme le veut l’usage pour les archevêques de Paris et les chanoines de sa cathédrale, le grand bourdon Emmanuel a sonné samedi 31 juillet pour rendre hommage à Mgr Paul Guiberteau, chanoine de Notre-Dame décédé la veille à l’hôpital Saint-Antoine : 86 coups, un par année de vie.

Né le 14 juillet 1924 à Nantes et ordonné prêtre en 1947, rien ne destinait cet homme modeste à jouer un rôle politique et médiatique de premier plan dans la France des années 1980. Pourtant, professeur de philosophie puis directeur de l’école Saint-Stanislas de Nantes, devenu secrétaire général de l’enseignement catholique en 1981, il mène les difficiles négociations entre l’État et l’enseignement libre.

Le 24 juin 1984, il se retrouve à la tête d’une manifestation d’un million de personnes à Paris pour la défense de l’école libre. Organisée conjointement avec les associations de parents d’élèves (Apel), elle fait frémir le pouvoir et conduit au retrait du projet de service public laïque unifié de l’enseignement que préparait le gouvernement de gauche.

Reconnu pour ses qualités de dialogue et d’ouverture, Paul Guiberteau rejoint en 1988 l’équipe de négociateurs conduite en Nouvelle-Calédonie par le député Christian Blanc. La mission aboutit aux accords de Nouméa.

« C’était un homme d’œcuménisme et de paix »

Le « combattant de l’école libre » sera ensuite recteur de l’Institut catholique de Paris de 1986 à 1992, avant d’être nommé curé de la paroisse parisienne Saint- Germain-des-Prés et responsable de la Mission étudiante en 1992 puis, en 1996, chapelain à Notre-Dame de Paris et, en parallèle, juge à l’officialité de Paris.

S’il avait déserté le champ médiatique pour des horizons plus discrets, le P. Guiberteau, officier de la Légion d’honneur et officier des Palmes académiques, n’en était pas moins toujours très actif. Encore récemment, il participait à la nouvelle édition de la TOB (Traduction œcuménique de la Bible) au sein de l’Association œcuménique pour la recherche biblique.

Proche des jeunes, il aidait aussi les étudiants étrangers à s’insérer à Paris au sein de l’association ARC (Amitiés rencontres chrétiennes). Il était également très lié à l’association Fraternité d’Abraham, qui rassemble chrétiens, musulmans et juifs, ou encore à la Conférence mondiale des religions pour la paix. « Cette connaissance mutuelle des croyants élargit le savoir livresque sur les religions. La recherche de la paix doit être notre but commun à tous », confiait-il à La Croix en 2008.

« C’était un homme d’œcuménisme et de paix, d’une très grande bonté, et d’une foi très profonde », confirme Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, qui célébrera mercredi ses obsèques à Notre-Dame, en présence de Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes. Paul Guiberteau devait déménager mi-août pour se retirer à Nantes dans la maison de retraite des prêtres du diocèse. Au cours d’une messe d’action de grâces célébrée le 27 juin à Notre-Dame, il avait insisté sur l’Esprit qui « emporte chacun de nous dans “l’aujourd’hui de Dieu” ».

 

Homélie de Monseigneur Jérôme BEAU
aux obsèques de Monseigneur Paul GUIBERTEAU

Pour écouter cette homélie, cliquez ici.

 

« C’est bien, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de Ton maître. » (Mat 25,23)

Ce qui donne à une vie de porter du fruit ; ce qui donne à une vie sa densité et sa force ; ce sont la charité et la bonté. Non pas simplement celles qui s’exprimeraient comme limitées par notre nature humaine ; mais par la manière dont un homme, avec ses limites, peut rendre visible la charité et la bonté illimitées de Dieu ; par la manière dont un homme, avec ce qu’il est dans son humanité, peut porter ce désir, cette volonté et ce don de la paix que le Ressuscité donne aux nations. « La paix soit avec vous. » « Je vous laisse la paix, Je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne ». C’est Ma paix que je vous donne, dit le Christ, et l’unité en est le signe.

Monseigneur Paul Guiberteau, notre frère, votre oncle, est d’abord un homme de l’Eucharistie. Il y a un peu plus d’un mois, alors qu’à Notre Dame de Paris il rendait grâce pour son ministère, il commença par désigner l’Eucharistie comme la source de son action de grâce, comme le lieu de sa relation personnelle avec le Christ, et de cette offrande du Christ, du prêtre, de chaque fidèle pour l’Église et pour toute l’humanité.

C’est au cœur de ce mouvement d’action de grâce qu’est l’Eucharistie que nous trouverons le secret, l’intimité et la bonté de notre frère que nous confions aujourd’hui au Seigneur. C’est aussi au cœur de l’Eucharistie que nous trouverons la manière dont chacun d’entre nous peut participer à la construction d’un monde de paix, d’espérance et de charité.

Au début de cette célébration, je vous disais combien cette nouvelle édition de la traduction œcuménique de la Bible lui tenait à cœur, et combien ces derniers mois il lui importait de pouvoir transmettre cette responsabilité pour que son successeur puisse continuer à l’assumer là où il savait ses forces déclinantes. Au cœur de sa vie, il y a cet engagement dans le service de la Parole de Dieu ; cette contemplation du Verbe de Dieu qui se fait chair en Jésus Christ ; ce désir et cette intercession pour que le Verbe de Dieu puisse se faire chair en chaque homme, en chaque femme sur notre terre et puisse y trouver sa vraie dimension, ce qu’il est en Dieu.

Cette charité, cette vie dans l’Eucharistie, il la vivait dans l’accueil de tous, en celui qui venait à sa rencontre ou vers qui il allait. Je sais combien son service de la jeunesse et du monde étudiant lui étaient chers jusqu’à ces dernières semaines où, trop fatigué pour se rendre à pieds à Saint Germain des Prés, il prenait un taxi pour venir rencontrer, accueillir et écouter les étudiants étrangers de Paris, afin qu’ils puissent, quelles que soient leurs histoires, leur foi, leurs religions, leurs cultures, avoir un lieu d’accueil, d’écoute et de parole.

Cette parole de Dieu, cette parole de l’homme qui rencontre la parole de Dieu ; cette écoute du Seigneur comme cette écoute du frère, sont les ferments d’une charité, les ferments de ce Verbe qui Se fait chair en la vie d’un homme, en ce Verbe qui Se fait chair et qui S’est fait chair en la vie de Monseigneur Paul Guiberteau jusqu’à le transformer, jusqu’à ce que Dieu puisse à travers son ministère de prêtre, Se donner à connaitre à travers la connaissance de notre frère.

La charité demande discernement et soumission à l’Esprit Saint. « L’Esprit emporte chacun de nous dans l’aujourd’hui de Dieu » disait-il. « C’est l’Esprit qui a joué toute ma vie ». Dans le livre des actes des apôtres, nous savons que la vie de Saint Paul sur cette route de Damas, après sa conversion, nécessitait qu’il se laisse guider par l’Église et par l’Esprit Saint. C’est l’Esprit Saint qui a joué sa vie. Il a laissé à la fois son esprit de discernement, son jugement si sûr et si clair, sa soumission et son obéissance à l’Esprit Saint agir dans sa vie, dans son ministère, « jouer » avec lui pour reprendre son expression, jusqu’à lui donner d’être là où il devait être pour l’histoire de notre pays.

En confiant Paul Guiberteau aujourd’hui au Seigneur, nous savons que nous confions un homme qui par son obéissance à l’Esprit Saint, son engagement dans la Parole de Dieu, et son service de la charité, a marqué l’histoire de notre pays, l’histoire de la France, d’une manière durable par deux fois au cours de sa vie.

Je pense évidemment, tout d’abord, à l’enseignement catholique, et à la manière dont il a su s’engager et œuvrer pour la liberté de l’enseignement à un moment difficile de notre histoire ; à la manière dont il a su défendre cette liberté, être un artisan d’avenir, et finalement permettre que l’enseignement catholique soit ce qu’il est aujourd’hui au-delà de ce qu’il aurait pu être, il y a un peu moins de trente ans.

Paul a aussi marqué l’histoire de la France et l’histoire de la Nouvelle Calédonie quand Michel Rocard lui confia, alors qu’il était recteur de l’Institut Catholique, avec le pasteur Stewart - présent aujourd’hui -, et avec d’autres membres de cette commission, la charge de reconstruire la paix civile en Nouvelle Calédonie. Michel Rocard étant actuellement loin de France, il ne pouvait pas être avec nous ce matin mais s’est uni à notre rassemblement dans un texte dont vous aurez lecture tout à l’heure. Cela fait maintenant vingt-deux ans que les accords de Matignon servent la paix en Nouvelle Calédonie et pour la France. Ce service de la paix, il a su le faire et œuvrer en donnant toute sa présence à chacun.

Pour lui, la charité n’était pas d’aimer en général, mais d’aimer chacun en particulier. Nous savons, et d’autres que moi pourraient bien mieux en témoigner, combien, au cours de cette mission, il avait voulu se rendre dans chaque village, rencontrer chaque personne, chaque ethnie, chaque situation, et comment chaque soir les membres de la commission se retrouvaient ensemble pour partager, parler, et construire ensemble dans l’amitié fraternelle, la paix. La paix est d’abord la rencontre de chaque homme dans la vérité et la charité.

La paix et la charité demande de rendre la dignité à la personne humaine par la rencontre personnelle de chacun. Aimer, construire la paix, œuvrer pour l’avenir de nos nations et de la paix entre les hommes, c’est se faire le prochain de son frère comme nous y invite le Christ dans le récit du bon samaritain.

Se faire le prochain de son frère en lui rendant la dignité que seule l’écoute aimante donne à l’être humain ; la charité, l’écoute, que seule la prière nous donne de pouvoir aimer et reconnaitre. La charité est éternelle, « la charité ne passera jamais ». Ce qui est charité et amour en nos vies ne passera jamais et est semence d’éternité, puissance d’espérance, jalon de résurrection sur nos routes humaines.

Je ne dirai pas suffisamment ce que signifie pour Paul Guiberteau que d’avoir fait fructifier les talents du Seigneur si je ne soulignais pas son travail comme recteur de l’Institut Catholique de Paris et son amour de l’Église. Oui, son amour de l’Église fait partie intégrante de sa vie et il n’y a pas de grandeur du ministère du prêtre sans cet amour de l’Église, sans cet amour du corps auquel il a été donné et il s’est donné ; cet amour de ses frères et sœurs auxquels il a été donné et auxquels il se redonnait sans cesse dans la célébration de l’Eucharistie.

La charité c’est aussi savoir recevoir le bonheur des autres, du tout autre, du Seigneur. Paul savait recevoir le bonheur de ceux qu’il rencontrait ; il savait recevoir le bonheur de ses frères prêtres avec qui il travaillait, avec qui il vivait fraternellement dans cette cathédrale et dans ses autres missions. « Grâce soit rendu à l’Esprit qui travaille avec discrétion le cœur des hommes et des femmes que nous rencontrons et qui nous ont rendus heureux dans notre tâche » écrivait-il au mois de juin de cette année.

Merci à toi, notre frère Paul, merci de ce que tu as témoigné, donné à voir de la grandeur de l’amour du Seigneur à travers le don de toi-même, la force de ta prière, la force de ta présence.

Seigneur, reçois ton bon et fidèle serviteur que nous t’offrons ce matin avec toute notre affection et notre foi. Donne à chacun de grandir dans l’espérance de la résurrection, dans cette foi forte en la vie fondée sur celle du Christ qui était l’âme et le souffle de toute la vie de Monseigneur Paul Guiberteau.

 

Hommage de Monsieur Michel ROCARD
lu aux obsèques de Monseigneur Paul GUIBERTEAU

Cet hommage fut introduit et lu par Monsieur Philippe GROS, vice-président du conseil de gestion de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Pour écouter cet hommage, cliquez ici.

Le 15 mai 1988, alors qu’en Nouvelle Calédonie les tensions internes étaient exacerbées, Michel Rocard, nommé premier ministre, décidait d’envoyer une mission animée par Christian Blanc, destinée à renouer le dialogue et à ouvrir la route au rétablissement de la paix civile et démocratique dans ce territoire meurtri.
A l’appel du premier ministre, cinq hommes de divers horizons, partageant cette espérance, avaient accepté de rejoindre cette mission. Entre eux, les liens de respect, d’estime et d’amitié ont perduré.
Mgr Paul Guiberteau en était.
Ainsi, entre autres, que Pierre Steinmetz et le pasteur James Stewart qui partagent aujourd’hui, dans cette cathédrale, notre prière.
La réussite de cette mission a ensuite conduit les responsables politiques du territoire à négocier et signer les accords dits de Matignon que leur proposait le Premier Ministre et dont les principes régissent depuis maintenant 22 ans la paix civile et l’administration de la Nouvelle Calédonie.
Michel Rocard, avant son départ en déplacement lointain, a tenu cependant a exprimer son émotion et sa reconnaissance envers Paul Guiberteau, dans ce message daté du 2 Août et adressé à Monseigneur Jacquin, recteur de la cathédrale, dont je vous donne maintenant lecture
 :

« C’est avec beaucoup d’émotion que je viens d’apprendre le décès de Monseigneur Paul Guiberteau.
« Comme vous le savez il avait été l’un des membres de la mission du Dialogue en Nouvelle Calédonie en juin 1988. Il est donc l’un des hommes remarquables à qui la Nouvelle Calédonie et par là la France doivent d’avoir pu retrouver sur place puis à Paris une écoute mutuelle qui permette de négocier ensuite les conditions d’une paix durable, et qui tient toujours, 22 ans après. Il fit là-bas, avec ses collègues, un énorme travail d’écoute, de questionnement, de rapprochement, de modestie et d’impartialité. Nous lui devons tous beaucoup, et moi notamment.
« J’avais demandé pour cette mission un représentant de l’Eglise au Cardinal Decourtray, qui présidait alors la Conférence Episcopale. Après en avoir accepté le principe, ce dernier me demanda si j’avais une suggestion de personne à lui soumettre. Protestant d’une part, et Ministre en exercice d’autre part, je me récusais, affirmant que je ne voulais en rien influer sur le choix de ses chargés de mission par l’Eglise. Le Cardinal me sut gré de cette position mais se déclara « à court » et insista pour que je lui suggère quelqu’un. C’est donc moi qui lui proposais Paul Guiberteau, qu’il accepta immédiatement en déclarant même que c’était une excellente idée.
« Nous nous étions connus un peu plus de quatre ans auparavant, lorsque j’étais Ministre de l’Agriculture. Dans cette fonction, j’avais en effet en charge la partie « enseignement technique agricole » du dossier dit de l’Ecole privée. Paul Guiberteau était à l’époque Directeur de l’Enseignement catholique pour le compte de l’Eglise de France. Nous avons donc eu à négocier. Nous l’avons fait durement, sans cadeaux, mais loyalement et dans un total respect l’un de l’autre comme des procédures et de la discrétion nécessaire. Ce fut rude, mais cela à réussi, et j’en ai gardé un souvenir très fort par la suite. Ainsi s’explique ma proposition au Cardinal Decourtray.
« Tout cela vous dira, Monseigneur, à quel point Paul Guiberteau est présent à ma mémoire.
« Et, si l’Eglise perd un grand serviteur, la France aussi, et l’esprit de paix tout autant. »

 

Hommage de Monseigneur Patrick JACQUIN
aux obsèques de Monseigneur Paul GUIBERTEAU

Pour écouter cet hommage, cliquez ici.

 

Paul, mon frère, mon Père contemple maintenant son Seigneur !

Toute sa vie il a répondu avec enthousiasme à son appel pour vivre comme dit Saint Paul, son Saint Patron, le VRAI combat ! Que dire aujourd’hui où nous sommes tristes, malgré l’immense Espérance que son cœur de Témoin de l’Esprit à semé en nos vies ?

Paul c’était avant tout un homme, un homme de l’Ouest fidèle à sa famille, à son diocèse de Nantes, à l’Eglise Universelle qui l’envoyait sans cesse jusqu’à 86 ans témoigner de la Parole.
Paul c’était un prêtre, un vrai prêtre de Dieu, un compagnon de l’Esprit, un frère du Christ accroché qu’il était à la Parole de Dieu qu’il travaillait et qu’il aimait à commenter, joyeux de célébrer l’Eucharistie et rayonnant quand il accompagnait chaque personne qu’il rencontrait.
Paul c’était un pôle inépuisable de culture, d’une extrême délicatesse et d’un savoir qui rendait intelligent sans jamais écraser.
Paul c’était un passionné des grands horizons et des grandes aventures… celles de l’Eglise (nous l’avons entendu), celles aussi de la montagne (les Alpes)… un marcheur infatigable, ne renonçant jamais, sur les sommets ou dans le désert avec les pèlerins et avec les étudiants.

Recevoir de Paul tout cela pendant 12 années ici et à Saint Germain des Prés, c’est recevoir les talents d’un veilleur dont le discernement, le sens de l’Eglise et le jugement n’étaient jamais pris en défaut.

Il aimait les gens, il faisait confiance, il donnait à penser, il était exigent avec lui, les institutions et les responsables qu’il servait comme avec ses collaborateurs.
Paul était un Républicain, il connaissait les liens entre les Etats et l’Eglise et était attentif à une juste lecture de la séparation de l’Eglise et de l’Etat au profit de la liberté de chaque homme et de chaque culture.
Enfin Paul avait un talent à nul autre pareil pour apaiser les conflits et dégonfler les baudruches.
Avec son sens de l’humour incomparable, il pouvait être déconcertant… il m’avait dit un jour : « la mort, tu verras, c’est pas compliqué, c’est quand on cesse de vivre ! »

J’ai confié cette année à Paul deux missions au milieu de ses fatigues : un projet pour 2013 pour que les vitraux Nord de la nef deviennent un lieu de mémoire des grands témoins parisiens de la Foi. Le projet verra le jour et sera aussi signé de sa main et un autre projet pour décrire dans un livre une année à la Cathédrale. Il vient de la signer de sa vie et son ministère, en allant à la rencontre de son Maître.

Paul donne moi ta Foi, donne moi ta vie, donne moi ta Paix…

« Merci pour tout »… ce sont les derniers mots que tu m’as dit au téléphone vendredi à 18h00… ce seront aussi les miens.

 

Lettre du Saint Père à Monseigneur Paul GUIBERTEAU
à l’occasion de son départ de Paris
pour la poursuite de sa retraite à Nantes

Cette lettre, reçue quelques semaines avant le décès de Monseigneur Paul GUIBERTEAU, fut lue par Monseigneur Jean-Paul JAMES, évêque de Nantes.
Pour écouter le lecture de cette lettre, cliquez ici.
Texte prochainement disponible...

 

Hommage de Monseigneur Edward OZOROWSKI,
Archevêque de Białystok, Pologne

A Son Eminence
André Cardinal Vingt-Trois
Archevêque de Paris

Eminence,

C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Mgr Paul GUIBERTEAU, Chanoine et Chapelain de la cathédrale Notre-Dame de Paris, Recteur de l’Institut catholique de Paris de 1986 à 1992.
C’était un prêtre remarquable. J’ai eu la joie de le connaitre personnellement lors de mes séjours à Paris. Je n’oublie pas l’accueil chaleureux qu’il m’avait réservé. Je ne suis pas prêt d’oublier l’honneur que j’ai eu de concélébrer avec lui les Eucharisties à Notre-Dame de Paris, partager le temps pour nos longs et fructueux débats sur la situation de l’Eglise en France et Pologne, sur la théologique qui se fait à l’Occident, sur l’enseignement catholique dont il a été le secrétaire général. Il s’est donné de connaitre comme un homme de dialogue et de paix avec une grande ouverture.
Nous croyons à la communion des saints. Je vous prie, Eminence, de recevoir l’expression de mes sincères condoléances et de mon union spirituelle avec la famille de Mgr Paul GUIBERTEAU et tous les participants de ses obsèques célébrés à Notre Dame de Paris en ce jour où nous commémorons dans la liturgie saint Curé d’Ars, Jean-Marie Vianney.

dans le Seigneur

Mgr Edward OZOROWSKI
Archevêque de Białystok

Białystok, le 4 aout 2010

 

Allocution de Monseigneur Paul GUIBERTEAU lors de la messe d’action de grâces pour son ministère à Notre-Dame de Paris

Monseigneur Paul GUIBERTEAU avait émis le souhait de regagner son diocèse d’origine, le diocèse de Nantes, où il devait emménager en cette fin du mois d’août 2010 à la Maison du Bon Pasteur, maison de retraite des prêtes de ce diocèse. Aussi, une messe d’action de grâces eut lieu à la cathédrale, le dimanche 27 juin 2010 à 11h30, messe présidée par Monseigneur Jérôme BEAU, évêque auxiliaire de Paris, messe dite aussi en action de grâces pour les ministères à la cathédrale :
- de Monseigneur Patrick DESCOURTIEUX nommé à Rome ;
- du Père Philippe DEGUENON, de retour au Bénin ;
- du Père Jean Ma, de retour en Chine.

 

Pour écouter cette allocution, cliquez ici.

 

"Rendre grâces.
Quelle meilleure action de grâces que cette Eucharistie à laquelle nous venons de participer. Quelle meilleure action de grâces que de la faire dans l’Esprit-Saint qui nous est donné, le don post-pascal par excellence qui conduit et remplit nos vies, qui seul nous introduit en prière.

« L’Esprit vient en aide à notre faiblesse » dit saint Paul, « car nous ne savons pas prier comme il faut. » (Rom VIII, 26) Notre faiblesse car nous ne savons pas reconnaître les touches de l’Esprit. Car c’est un Esprit de discrétion… « comme le vent qui souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. » (Jean III, 8)

« Tu entends sa voix » dans les communautés qu’il façonne et qui nous font vivre dans la variété de leur composition et de leurs missions : pour moi à Paris, au Secrétariat général de l’enseignement catholique, à la Catho comme en Nouvelle-Calédonie, à la paroisse Saint-Germain-des-Prés et les étudiants, à la cathédrale, que de communautés vivantes, diverses, et dans les associations comme l’ARC (Associations Rencontres Chrétiennes), comme CASA (Communautés d’Accueil sur les Sites Artistiques), comme l’Association pour la réforme de la bible.

La route n’est jamais évidente ni révélée soudainement comme dans la vocation de Paul. Grâce soit rendue à l’Esprit qui travaille avec discrétion dans le cœur des hommes et des femmes que j’ai… que nous avons tous rencontrés ainsi et qui nous ont rendu heureux dans notre tâche.

Merci :
- pour l’Eglise de Paris qui m’a accueilli pendant 29 ans ;
- pour l’appui de nos évêques, je pense particulièrement au Cardinal Lustiger qui a toujours été pour moi accueillant et fidèle ;
- pour la communauté des prêtres et son recteur, souvent renouvelée et toujours fraternelle ;
- pour le personnel et les bénévoles des divers services qui rendent possible et fructueuse l’ambiance de Notre-Dame, chaleureuse…Discrétion de l’Esprit qui vit et travaille en eux avec leurs multiples talents dans le faste des grandes cérémonies comme dans les messes quotidiennes et les vêpres du soir. Il faudrait tous les nommer, maîtrisiens et organistes, organisateurs imaginatifs et attentifs, personnels du service d’entretien, sacristains, et j’allais oublier, mais c’est une figure de rhétorique, les clercs qui sont tout proche de nous à l’autel, et puis mes frères prêtres.

C’est l’Esprit de Dieu qui scrute les cœurs et c’est l’intention de l’Esprit qui s’exprime en chacun et sert le rassemblement et la communion. Communautés ecclésiales sous toutes ses formes : toutes convergent vers la seule tâche qui vaille, celle de construire pierre sur pierre, un édifice spirituel. Communautés rassemblées malgré tant d’éléments divers, unis dans la franchise des rapports mutuels et la richesse des origines et des formations. Merci Esprit de Dieu pour tant de variété, tant d’ouverture sur les hommes et le monde, l’Afrique, la Chine, Rome aujourd’hui, hier aussi le Liban, les U.S.A., la Catalogne, et toutes ces nations croisées dans le fourmillement journalier, quelquefois exaspérant des visiteurs et pèlerins de Notre-Dame. Esprit qui surgit, réconforte et réconcilie dans l’ombre des accueils quotidiens et du sacrement de Réconciliation. Esprit qui rassemble et qui pour cela disloque en nous ce qui serait sclérose de « vieux garçon fermé sur soi. » Mais l’Esprit qui disperse pour la moisson c’est aussi celui des lendemains de la Pentecôte, et chacun de nous quatre va trouver un nouveau terrain où le « vent de l’Esprit l’emporte » : Rome, le Bénin, Shangaï, Nantes…

Oui, l’Esprit l’emporte, emporte chacun de nous dans « l’aujourd’hui de Dieu ».

Esprit qui a joué toute ma vie, j’en suis conscient et je le remercie dans mes 63 années de sacerdoce puisque ce sera demain pour moi la 63ème année que le Seigneur m’a pris et que je me suis donné au Seigneur.

L’Esprit, nous le savons, se joue des distances géographiques, comme il se joue des plans simplement humains que nous pouvons faire et des désirs superficiels.Merci, Esprit d’aventure qui donne à chacun à chaque moment de l’existence un rôle et une mission nouvelle, qui nous y affermit et nous y garde. Esprit de fidélité et d’espérance…

Mes frères, pour terminer j’aimerais vous citer encore mon saint patron, cela vaut pour tous les âges de la vie, cela vaut peut-être d’avantage encore à l’âge que j’atteins… Dans la deuxième lettre aux Corinthiens, saint Paul nous dit « Ne perdons pas courage, et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle chaque jour » (II Cor. IV, 6). Cette force intérieure je la souhaite à nous quatre qui quittons pour de nouveaux rivages la quiétude du présent et les fastes de Notre-Dame, oui, cette force intérieure, celle du Christ qui nous a saisi… « Je sais » dit saint Paul « en qui je me suis confié, je ne serai pas confondu. »

C’est ce que souhaite à vous tous, amis et compagnons de voyage, amis et compagnons de l’enseignement catholique, de la Catho, de la Nouvelle-Calédonie, de Saint-Germain-des-Prés, de Notre-Dame de Paris bien sûr… Oui, la géographie, l’Esprit Saint s’en moque ! Car ce qui compte c’est que l’Esprit soit répandu dans l’espace entier de l’univers. Alors, comme on dit par chez moi, « à Dieu va » sous le souffle de l’Esprit !

 

Paul Guiberteau. Le chanoine chantre de l’école libre mène une vie de chapelain tranquille.

Article de Daniel LICHT paru dans le journal Libération en août 1999 :

Rarement le protagoniste d’un des événements cruciaux de la Ve République ne sera retombé dans le plus feutré des anonymats après avoir brillé à plusieurs reprises, et pendant près de cinq ans, sous les feux de l’actualité, à la une des journaux, et après avoir, surtout, lors de ce mémorable 24 juin 1984, fait partie de ceux qui ont fait descendre plusieurs millions de personnes dans les rues de Paris, déclenchant une onde de choc qui a fait frémir le pouvoir. C’est pourtant la caractéristique majeure du chanoine Paul Guiberteau, septuagénaire d’origine nantaise qui fut, en tant que responsable du Comité national de l’enseignement catholique, au printemps 1984, l’un des acteurs les plus fameux de la « guerre de l’école ».

Honoré. Aujourd’hui, cet infatigable bretteur occupe un poste tranquille de chapelain de la basilique Notre-Dame à Paris. La fonction lui laisse du temps libre : il partage les confessions et le service des messes avec cinq de ses collègues. Pleine de gratitude pour son dévouement, l’Eglise catholique, en l’occurrence Jean Paul II soi-même, l’a honoré du titre distinctif, un brin désuet, de prélat de Sa Sainteté. Il a ainsi rang d’évêque, sans la fonction ni les responsabilités, et porte le mauve en se faisant appeler monseigneur.

Pourtant, à l’archevêché de Paris, on assure que le combattant de « l’école libre » n’a jamais été homme à rechercher les honneurs ou les récompenses. On y met en avant sa « modestie » et sa « qualité du sens du contact ». « Dans le cadre des rencontres pastorales, notamment lorsqu’il était en charge de Saint-Germain-des-Prés, la paroisse des étudiants, il était le type même du prêtre pour qui l’Eglise n’est pas une entreprise de promotions. » Dans son prône, l’Eglise n’a toutefois pas oublié de combler d’honneur cet humble travailleur. Elle l’a nommé conseiller ecclésiastique d’art, culture et foi, responsable des réalités tourisme et loisirs. En français non liturgique, cela renvoie essentiellement à l’accueil de groupes de pèlerins à Notre-Dame.

Déterminant. Le grand calme après la tempête. Le printemps 1984 a été une période de crise majeure où la France, suivant un mouvement de fracture qui lui est propre, s’est retrouvée divisée en deux camps. Les partisans d’une école privée totalement indépendante s’opposaient aux défenseurs du projet du ministre de l’Education, feu Alain Savary, qui voulait créer un grand service public, homogène et laïc. Six ans après avoir joué un rôle déterminant lors des pourparlers engagés avec le gouvernement et les thuriféraires de l’école laïque, Paul Guiberteau s’est à nouveau retrouvé sur le devant de la scène. Au début des années 90, il fut l’un des acteurs des difficultueuses négociations qui ont conduit aux accords de Nouméa.

Après la crise de 1984, pour services rendus, la République lui rendit un hommage reconnaissant. Elle vit en lui non seulement le représentant officieux du monde catholique français, mais aussi, tel que l’évoque Alain Savary dans ses mémoires, un homme de dialogue. Quelque temps auparavant, Paul Guiberteau initiait des manifestations aux credos sans équivoque comme « nous ne céderons jamais ».

 

Allocution de Gildas Le Bideau, ancien président de la Fraternité d’Abraham

Cet hommage fut prononcé par Gildas LE BIDEAU, ancien président de la Fraternité d’Abraham, à la célébration du 10 septembre 2010, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, célébration in memoriam Mgr Paul GUIBERTEAU.

Mes chers Amis,

Monseigneur Paul Guiberteau est retourné vers le Père, le 30 juillet 2010 en fin d’après midi. Le lendemain, le grand bourdon de Notre Dame de Paris a sonné à 11h les 86 coups, comme c’est l’usage pour les archevêques de Paris et les chanoines de la cathédrale, en hommage et action de grâce pour les 86 années passées par Mgr Guiberteau dans ce monde.
La Fraternité d’Abraham perd avec lui un grand et fidèle ami, qui n’a cessé de l’éclairer et de l’aider dans sa mission depuis juin 1997, époque à laquelle il avait accepté d’en devenir le délégué général.

Monseigneur Guiberteau était depuis longtemps une personnalité nationale, célèbre quand il nous a rejoints. Si d’autres que nous sont mieux placés pour évoquer ses actions passées, nous y reviendrons rapidement pour rappeler la richesse intellectuelle, humaine et spirituelle de l’homme à qui nous devons tant et qui, à 73 ans, a accepté de mettre à notre disposition sa large expérience, ses connaissances étendues et variées ainsi que ses nombreux contacts.

Né à Nantes le 14 juillet 1924, Paul Guiberteau est élève à l’école Saint-Stanislas, entre au grand séminaire puis obtient une licence de philosophie à l’Institut Catholique de Paris et à la Sorbonne. Il sera ordonné prêtre à Nantes le 28 juin 1947, il n’a pas 23 ans
Il est orienté vers une carrière d’enseignant de l’enseignement libre à Saint-Stanislas, dont il deviendra directeur, après avoir été professeur de français, latin-grec, puis de philosophie. De 1967 à 1981, il exerce les fonctions de directeur diocésain de l’enseignement.

En 1981 il est nommé Secrétaire général de l’Enseignement catholique. Il organise à Paris, en 1984, avec les Parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel), une manifestation de 1 500 000 personnes pour la défense de l’école libre. Elle fait frémir le pouvoir et conduit au retrait du projet de service public laïc unifié préparé par le gouvernement. Alain Savary, son adversaire malchanceux, en parlera dans ses mémoires comme un homme de dialogue.

Michel Rocard, qui n’a pu se rendre à son enterrement, témoigne dans une lettre à cette occasion : « Nous nous étions connus auparavant, lorsque j’étais ministre de l’Agriculture. J’avais en charge la partie enseignement technique agricole du dossier de l’Ecole privée. Nous avons donc eu à négocier. Nous l’avons fait durement, sans cadeau, mais loyalement et dans un total respect l’un de l’autre, comme des procédures et de la discrétion nécessaire. Ce fût rude mais cela a réussi.
Comme vous le savez, il a été, en juin 1988 l’un des membres de la mission du Dialogue en Nouvelle-Calédonie, avec M. Christian Blanc, le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération protestante de France. Il est donc l’un des hommes remarquables à qui la Nouvelle Calédonie et par là la France, doivent d’avoir pu retrouver, sur place et à Paris, une écoute mutuelle qui a permis de négocier ensuite les conditions d’une paix durable et qui tient toujours 22 ans après. Nous lui devons tous beaucoup ».

A cette époque, Mgr Guiberteau était Recteur de l’Institut Catholique de Paris. Il était proche des étudiants, et aidait les étudiants étrangers à s’insérer à Paris au sein des Amitiés Rencontres Chrétiennes.
Il est nommé, à 68 ans, curé de la paroisse Saint-Germain des Prés, à Paris, ainsi que responsable de la Mission étudiante puis devient, en 1996 , chapelain à Notre Dame de Paris.

En fin décembre de la même année, Mgr Guiberteau fait une conférence à la Fraternité d’Abraham sur le thème : « Fondement et signification de la paix dans le christianisme », qui connût un grand succès. Or, depuis le décès du R.P. Riquet, notre bureau ressentait le besoin de se faire assister d’une personnalité catholique, susceptible de nous guider dans le choix des thèmes de nos programmes annuels, de donner un avis éclairé lors de nos conseils, ou de nos assemblées. Pressenti, quoique sollicité par ailleurs, Mgr Guiberteau accepta de devenir notre Délégué général et est élu lors de l’A.G. de juin 1997, membre de notre Conseil.

L’homme qui nous rejoignant était déjà très engagé dans l’œcuménisme, il contribuait activement à la traduction oecuménique de la Bible et ouvert au dialogue interreligieux. Sa réputation d’homme d’écoute et sa connaissance des milieux catholiques, entre autres, nous fût très précieuse pour trouver nos conférenciers. C’est bien souvent grâce à lui que nos réunions annuelles, destinées à trouver le thème qui fera l’objet de nos manifestations futures devinrent fructueuses.

 

Allocution de Norbert DUCROT, président du M.I.R.C

Cet hommage fut prononcé par Norbert DUCROT, président du M.I.R.C. (Mouvement international de responsables chrétiens), ancien administrateur et membre du bureau de la C.M.R.P.-France (Conférence mondiale des religions pour la paix), prononcée à la célébration du 10 septembre 2010 en la cathédrale Notre-Dame de Paris in memoriam Mgr. Paul Guiberteau

Seigneur, sois loué pour avoir mis ton serviteur Paul Guiberteau sur nos chemins respectifs, pour avoir permis qu’il fasse avancer le dialogue et la compréhension entre ceux qui se réclament d’Abraham, père commun d’innombrables races, peuples et nations. Les qualités dont il a fait preuve en ce sens rejoignent celles d’éducateur, formateur, directeur d’établissement, animateur de groupe et homme de réconciliation qui, bien connues, ont déjà été soulignées par les voix les plus autorisées.

Nous pouvons témoigner que les engagements de Paul allaient plus loin... notamment dans le domaine du rapprochement oecuménique entre Eglises chrétiennes (je pense à son travail de révision de la T.O.B. (traduction oecuménique de la Bible), comme dans le dialogue interreligieux que ce soit au sein du Conseil interreligieux de la Conférence des évêques de France, ou de la Conférence mondiale des religions pour la paix, co-organisateur des rencontres d’Assise. Paul accepta à la demande expresse du pasteur Jacques Stewart, président pressenti, de devenir secrétaire général de la C.M.R.P. ; il le fit avec l’autorité efficace et discrète qui lui était propre, nous ouvrant en un temps de nécessité les locaux de la rue du Cloître Notre-Dame. Qu’il en soit ici encore remercié ! je le dis en union de coeur et de pensée avec le président en exercice, retenu, Ghaleb Bencheikh.

Enfin, je ne peux oublier qu’il fut aussi l’aumônier catholique attentif et présent du Mouvement international de responsables chrétiens fondé par Edmond MIchelet. Dans les hautes responsabilités qu’il fut amené à remplir dans le monde associatif, là ou ailleurs, Paul apporta toujours un regard profond de compréhension bienveillante, de discernement et de jugement équilibré, respectueux de l’autre sans cacher ses propres convictions ni renoncer à chercher toujours plus haut une vérité qui libère et rapproche - quitte à y mettre une touche d’humour...

Seigneur, DIeu des deux testaments et Père universel, inspire-nous de suivre la vocation personnelle que Tu as déposée en chacun de nous, en l’orientant selon l’exemple que nous laisse notre frère Paul Guiberteau. Maintenant que Tu l’as rappelé auprès de Toi, il vit pleinement dans Ta lumière. Avec et par Ta grâce, que notre louange et notre prière au cours de cette célébration s’unissent aux siennes !

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