Cathédrale d’art et d’histoire

Le Grand Orgue

Il y eut sans doute des orgues à Notre-Dame Paris dès sa construction au XIIème siècle mais Léonin , compositeur d’organa, fondateur de l’Ecole Notre-Dame et qualifié d’optimus organista, puis Pérotin le Grand (1160-1220), ne connurent sans doute que de petits instruments dans le chœur. Pour autant un « grand orgue » est sans doute construit à Notre-Dame au cours du XIIIème siècle. En 1330 les comptes de la cathédrale mentionnent le versement de cachets à un organiste. Quelques années plus tard apparaît le nom de Jean de Bruges, organiste et peut-être aussi facteur d’orgues. L’instrument est alors suspendu en « nid d’hirondelle » sous une fenêtre haute de la nef  : il s’agit d’un orgue encore modeste de 6 pieds en montre comprenant un seul clavier avec 4 à 6 tuyaux par note. En 1401 on décide de construire un nouvel orgue sur la tribune de pierre au-dessus du grand portail ouest. Depuis cette date, 50 organistes se sont succédés aux claviers du grand orgue suspendu sous la rosace du couchant.

L’un des premiers, en 1450, fut le célèbre auteur du Vrai mystère de la Passion, Arnoul Gréban. De siècle en siècle, le grand orgue s’agrandit et fait l’objet de multiples restaurations et reconstructions jusqu’à prendre, au XVIIIème siècle, les proportions qu’il a encore actuellement. A chaque époque l’orgue de Notre-Dame fait l’objet des soins les plus attentifs et se trouve doté de jeux nouveaux et d’améliorations techniques ; les facteurs d’orgues s’attachent toutefois à conserver le meilleur des strates antérieures et c’est pourquoi il existe encore aujourd’hui quelques tuyaux de l’époque médiévale.

Le grand orgue échappe à la tourmente de la révolution, grâce sans doute à l’interprétation de musiques patriotiques telles que celles composées en 1792 par l’organiste Balbastre, auteur de variations sur La Marseillaise et l’air ça ira. En 1868, après les travaux du facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll , initiés par l’architecte Viollet-Le-Duc. , il trouve sa plénitude symphonique avec 86 jeux, sur 5 claviers et pédalier.

Louis Vierne, organiste de 1900 à 1937, le modifie à deux reprises et Pierre Cochereau, organiste de 1955 à 1984, l’augmente et le modernise de 1963 à 1975. Puis en 1992, il fait l’objet d’une restauration complète qui permet de restituer les sonorités symphoniques de l’orgue de Cavaillé-Coll tout en préservant les strates antérieures (XVIIème et XVIIIème siècles) et en associant les apports indéniables du monde contemporain.

Témoin authentique de plusieurs siècles de la musique et de la facture d’orgues françaises, le grand orgue de Notre-Dame de Paris est l’un des rares instruments français qui permettent de servir avec sincérité et émotion de nombreux répertoires et de susciter la création à travers la composition musicale et l’improvisation.

On peut l’entendre au cours des offices dominicaux sous les doigts de l’un des trois organistes titulaires (Olivier LATRY, Philippe LEFEBVRE et Jean-Pierre LEGUAY) et le dimanche après-midi avant l’office des Vêpres (à l’exception des dimanches du temps de Carême) lors d’une audition donnée par des organistes invités, venus du monde entier pour jouer ce prestigieux instrument, ou par l’un des organistes titulaires les jours de grandes fêtes. Ces auditions ont accueilli des milliers d’organistes des cinq continents. En outre des récitals d’orgue sont organisés en soirée dans le cadre de la saison de concerts de l’Association Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris.

 
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